2020 : Coup de rétro sur une année Covidée

On n’oubliera pas de sitôt 2020. Mis à rude épreuve, le secteur de la santé l’a traversé en cherchant sa voie pour larguer la Covid-19. On a cherché toutes les parades, rien n’y a fait. Ni les gestes barrières, ni l’instauration de l’Etat d’urgence voire la fermeture des écoles, etc. On est même allé jusqu’à s’enfermer avec l’arrêt des vols internationaux. Rien… Et voilà qu’une seconde frappe de plein fouet. Désespérant…

L’année 2020 s’achève. On peut lui dire «mer…» ! Et 2021 se profile déjà à l’horizon, aussi incertain. Avec juste la promesse d’un vaccin contre la Covid dont ils sont autant à douter qu’à y attacher un maigre espoir. En cette année finissante, on pensait que la menace serait larguée depuis… Mais le virus chopé du côté de Wuhan, dans la province de Hubei, en Chine, se joue de toutes les volontés et entretient toutes les polémiques. Les spécialistes comme les incultes, tout le monde a annoncé une solution et son contraire.

En fin novembre 2019, ce n’était pourtant qu’une épidémie. On en a vaincu tellement, on en a maitrisé tellement depuis la variole jusqu’à la polio qu’on se disait qu’il s’agissait juste d’une frayeur à dépasser. Et si le sida résiste encore, sa létalité a été plusieurs fois prise en défaut et les Pvvih vivent simplement l’inconfort d’une longue maladie. Comme le diabète, comme une autre. Mais le «monstre» de Wuhan était d’une survivance plus sordide. Devant sa fulgurance, les autorités chinoises se sont ainsi résolues à placer en quarantaine toute la ville, avec ses 11 millions d’habitants. Dont 13 étudiants sénégalais. Les cris du cœur pour exiger leur rapatriement express n’émouvront pas le pouvoir. Le président de la République, lors d’une cérémonie de levée des couleurs au Palais de la République, le lundi 3 février 2020, rétorque à l’offensive populaire que «le Sénégal n’a pas les moyens de rapatrier ses compatriotes». Une sortie qui avait fait beaucoup de bruit au moment où les autres pays comme le Maroc, l’Algérie ou encore la Mauritanie rapatriaient leurs compatriotes. Peine perdue. Pas d’étudiant mort, pas d’infection… Aujourd’hui, on n’en parle plus. Mais la Covid est restée une terreur silencieuse qui a fait plus de 380 morts au Sénégal. Soit plus d’un décès par jour pour les 365 jours de l’année. Rétrospective.

2 mars 2020 – Le chef de l’Etat convoque un conseil présidentiel d’urgence. L’alerte est sérieuse, avec l’annonce d’un premier «cas contact». Les probabilités sont fortes sur le fait que les tests effectués sur la personne en provenance de l’étranger soient positifs. Le même jour, le ministre de la Santé annonce finalement l’existence de ce «cas zéro». Il s’agit d’un patient de nationalité française, marié et père de deux enfants. Il vivait au Sénégal avec sa famille depuis plus de deux ans, mais avait séjourné en France dans la période du 13 au 25 février 2020 et était rentré à Dakar le 26 février 2020. Diouf Sarr assure au passage que les autorités allaient contacter et surveiller les passagers du vol qui l’a amené à Dakar, ainsi que les autres personnes qui ont été en contact avec lui.

Etat d’urgence, couvre-feu…

 

16 mars 2020 – Devant l’ampleur du virus qui commence à gagner du terrain, la première mesure tombe. Les préscolaires, les élèves et les étudiants sont envoyés en vacances forcées et leurs établissements sont fermés pour trois semaines. Pas suffisant. Le gouvernement prend alors une seconde décision radicale dans la foulée, avec l’arrêt de tous les vols provenant des pays touchés comme la France, l’Italie, la Belgique, le Portugal, etc. Seuls les vols cargos et sanitaires sont alors autorisés à atterrir au Sénégal. Une mesure prise à l’époque pour stopper les cas importés à l’Aibd qui était d’une grande porosité. Le pays tombe dans une peur ambiante. Les Centres de traitement épidémiologique (Cte) sont saturés, les hôtels sont réquisitionnés pour loger les cas contacts et les cas moins graves. Les restaurants, bars, mosquées et autres lieux de rencontres sont fermés et l’ouverture des lieux de commerce de la capitale réduit au strict minimum. On commence à s’affoler.

23 mars 2020 – Devant la persistance des nouveaux cas positifs, Macky Sall décide de corser les mesures. Il décrète «l’état d’urgence» sur l’ensemble du territoire national, assorti d’un couvre-feu de 20h à 6h du matin. En plus d’une déclaration qui fait froid dans le dos : «Je vous le dis avec solennité : l’heure est grave. La vitesse de progression de la maladie nous impose de relever le niveau de la riposte. A défaut, nous courons un sérieux risque de calamité publique.» En ce moment, le Sénégal en est à 79 cas confirmés de Covid-19, selon les résultats virologiques rendus publics par le ministère de la Santé.

31 mars 2020 : Premier décès – Covid-19 fait sa première victime. Il s’agit de l’ancien président de l’Olympique de Marseille (Om), Pape Diouf. Un décès survenu au service de réanimation de l’hôpital de Fann où l’ex-patron de l’Om a été interné, de retour d’un séjour en France. Dans la foulée, le 1er avril 2020, l’Assemblée nationale adopte la loi d’habilitation, autorisant le chef de l’Etat à proroger l’état d’urgence pour une durée de 3 mois.

20 Avril 2020 – Pour stopper la propagation du virus, les autorités prennent une nouvelle mesure. Le port du masque devient alors obligatoire dans les lieux publics et privés. Le nombre de places est limité dans les transports publics. Des mesures vécues difficilement par les populations, mais qui portent leurs fruits. D’autant plus que les nouveaux cas diminuent.

2 juin 2020 – C’est l’embellie. Des enseignants sont testés positifs à Ziguinchor, mais le ministre de l’Education annonce la reprise des enseignements présentiels pour les classes d’examen le 25 juin 2020. Les élèves des classes intermédiaires sont priés de se confiner. Le 30 juin 2020, l’état d’urgence et le couvre-feu sont levés suite à la baisse confirmée des nouvelles contaminations et à la pression de divers secteurs sociaux qui, pris à la gorge, descendent dans la rue. Quinze jours après, c’est-à-dire le 15 juillet, les frontières aériennes seront rouvertes.

Mais, l’embellie sera de courte durée. Devant la persistance des cas importés à l’Aibd, une nouvelle mesure est prise : un test RT-PCR Covid-19 négatif datant de moins de 7 jours est désormais imposé à tous les passagers devant embarquer et atterrir à l’Aibd. Le délai est ramené par la suite à 5 jours pour plus de rigueur.

1er septembre 2020 – Six mois après l’apparition du premier cas répertorié, le Sénégal ne compte environ «que» 14 000 patients infectés et 284 décès. Une étude commanditée par Forein Policy Magazine classe alors le Sénégal 2ème pays ayant le mieux géré la pandémie. Des résultats qui coïncident avec la baisse nette des nouvelles infections mais entraînent un relâchement des populations sur le respect des mesures barrières. On croyait le combat gagné d’avance. Hélas !

10 décembre – Le ministre de l’Intérieur prend, contre toute attente et devant la courbe des cas positifs qui soulève le doute sur le spectre d’une seconde vague, un arrêté. Des dizaines voire des centaines de nouvelles contaminations sont recensées chaque jour et on redoute un retour à la case départ. Les autorités réactivent les gestes barrières, notamment le port obligatoire du masque dans les lieux publics, privés et dans les transports. S’y ajoute l’interdiction des rassemblements dans les plages, les terrains de sport, les espaces publics et les salles spectacle.

En somme, une année va prendre fin et le monde reste toujours pris au piège de la Covid. Une lueur pointe cependant à l’horizon, avec la mise au point de vaccins. Face au doute des uns et des autres, le ministre de la Santé et de l’Action sociale affirme que «le choix du Sénégal sera un vaccin homologué par l’Organisation mondiale de la santé».

(WALF)

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