2020, une année à quitte ou double pour Donald Trump

L’année 2019 s’est plutôt mal terminée pour Donald Trump, qui est devenu le troisième président des États-Unis à être mis en accusation au Congrès. Son coup de téléphone au président ukrainien lui vaut deux chefs d’accusation – abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès -, dont il devra répondre devant le Sénat, peut-être dès janvier. Jamais un président n’a été destitué par les sénateurs. Richard Nixon, lâché par les siens, avait préféré démissionner. Pour l’heure, la majorité fait bloc derrière le président. Au moins vingt républicains doivent faire défaut au Sénat pour inquiéter Donald Trump. Cela semble peu probable. Le président pourrait même profiter de l’opportunité pour mobiliser un peu plus sa base. Il a déjà laissé entendre qu’il utiliserait le procès comme tribune politique: «Nous révélerons, pour la première fois, à quel point le système est corrompu. J’ai été élu pour “curer le marigot” et c’est ce que je fais!»
La mauvaise nouvelle pourrait venir de l’économie américaine avec un possible ralentissement de la croissance, voire une récession. Or le PIB sera scruté de près en cette année électorale. Depuis un siècle, aucun président des États-Unis n’a été réélu en période de récession. De nombreux économistes se sont inquiétés de cette perspective après la brève inversion de la courbe des taux cet été. Une configuration produite avant chaque crise économique aux États-Unis. L’inquiétude s’est quelque peu dissipée depuis la publication en fin d’année des bons chiffres de l’emploi. Les Danois de Saxo Bank prévoient tout de même la création d’une «America First Tax», une TVA de 25% sur les produits fabriqués à l’étranger. Cette taxe permettrait relancer un emploi manufacturier qui, d’après le New York Times, montre des signes d’essoufflement inquiétant, notamment dans les «swing states» du Midwest, où une courte victoire avait permis à Donald Trump d’accéder à la Maison-Blanche.

Un retour du G8?
Autre rendez-vous attendu en 2020, cette fois sur la scène internationale: le G7 aux États-Unis en juin. Donald Trump avait un temps songé à accueillir le sommet chez lui, dans l’un de ses golfs en Floride. Il y a finalement renoncé sous la pression. Le club des sept grandes puissances se retrouvera finalement dans le cadre plus conventionnel de Camp David, qui en avait déjà servi de cadre sept ans plus tôt. Après sa mémorable volte-face en 2016 à Ottawa, l’imprévisible président va-t-il à nouveau faire dérailler le sommet? L’été dernier, quelques jours avant de se rendre à Biarritz, Donald Trump n’avait pas caché son intention d’y convier Vladimir Poutine. «Je pourrais certainement l’inviter», avait-il répondu aux journalistes. Moscou a été exclu du sommet depuis l’annexion de la Crimée en 2014. L’annonce avait été fraîchement accueillie par ses alliés. «Sans avancée claire et tangible sur le processus de Minsk, il ne peut y avoir une reformation du G8», avait conditionné Emmanuel Macron.
Pour le candidat, les choses sérieuses commenceront à partir de l’été. Le Parti républicain tiendra du 24 au 27 août sa convention nationale à Charlotte. Donald Trump y sera officiellement investi par ses pairs. Son investiture ne fait guère de doutes. Seuls deux candidats contestent formellement la nomination du président sortant. Joe Walsh et Bill Weld n’ont aucune chance de le détrôner. Le nom de son colistier sera également dévoilé en Caroline du Nord. Si l’ancienne ambassadrice Nikki Haley a un temps été annoncée sur le ticket présidentiel en vue de séduire l’électorat féminin, Donald Trump a coupé court à la rumeur fin novembre: «Mike Pence est un grand vice-président. Il est notre homme à 100%.» Le candidat retrouvera ensuite son adversaire démocrate lors de trois débats télévisés les 29 septembre, 15 octobre et 22 octobre. Mais son entourage a dernièrement laissé planer le doute sur son éventuelle participation.
Le verdict des urnes, lui, est attendu au soir du 3 novembre. Si loin de l’échéance, les sondages ne constituent pas un indicateur fiable. En octobre, les chercheurs de Moody’s analytics annonçaient de leur côté une large victoire de Donald Trump. Pour déterminer l’issue du scrutin, l’entreprise réputée pour sa fiabilité dans l’exercice s’appuie sur plusieurs indicateurs: prix du carburant, taux de chômage, cote de popularité… D’après les chercheurs, un bémol pourrait toutefois venir contrarier ce scénario: une mobilisation historique des électeurs démocrates. Dans ce cas de figure, Trump pourrait perdre dans trois des États clés du Midwest, le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie, ce qui annihilerait ses espoirs de second mandat. Là encore, Donald Trump peut se rassurer: si Moody’s analytics a réussi à déterminer l’issue de quasiment toutes les présidentielles américaines depuis 1980, elle s’est toute même trompé une fois: en 2016.

Le Figaro

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