Abou Kane, Président de l’Adam : «Ce salon est la vitrine de l’élevage de la sous-région»

Moins de 24 heures avant l’ouverture officielle du Salon international de l’élevage qui se tient du 17 au 27 janvier 2020, au Cices, le président de l’Alliance pour le développement et l’amélioration des races (Adam), Abou Kane, a accordé un entretien exclusif à Canal 221. Il revient sur l’importance de cette rencontre sous-régionale, les innovations de cette année, les nombre d’exposants etc.

Canal 221 : Pourquoi un Salon de l’élevage ?

Ce Salon, qui en est à sa 13ème édition, vise à montrer au reste du monde ce qui de meilleur en terme d’amélioration des races animales élevées ou domestiquées au Sénégal. C’est aussi l’occasion de promouvoir l’intégration économique de la sous-région puisque, chaque année, les pays voisins participent de belle manière à ce salon ; ce qui nous offre l’opportunité d’échanger sur nos différentes expériences et de procéder à un partage des bonnes pratiques. Ce salon est, en quelque sorte, la vitrine de l’élevage de la sous-région.

Au niveau national, le salon réunit les éleveurs professionnels, les minoteries, les cabinets vétérinaires, les structures institutionnelles et des organisations non gouvernementales. A côté des expositions et des opportunités d’affaires, il y a la dimension scientifique à travers les panels et conférences ayant trait à l’élevage et dont le but est de booster davantage ce secteur qui participe à la croissance de notre pays.

Toutes les filières y sont représentées, aussi bien l’élevage intensif que l’élevage extensif. Il s’agit de mettre en valeur l’élevage sénégalais. Nous avons plusieurs pavillons dont le pavillon des ovins composé de 250 stands, un pavillon de bovins d’une cinquantaine de stands et un pavillon d’équins d’une trentaine de stands. A côté, il y a le pavillon de la basse-cour où nous avons la volaille. Et enfin, un autre pavillon dédié aux sponsors notamment des entreprises qui interviennent dans le secteur. Nous avons également un espace réservé aux concours où se déroule le concours des meilleurs ovins et de saut d’obstacles sanctionné par un prix de l’Adam.

Hormis les membres de l’ADAM, quels sont les autres exposants ?

En dehors des membres de l’Adam, le salon accueille aussi des éleveurs qui viennent des autres régions du Sénégal mais également de la sous-région comme la Mauritanie, la Gambie, le Niger et le Mali. Nous avons également le Maroc. D’ailleurs, le président de l’Association des ovins et caprins du Maroc est en route. Il sera là, aujourd’hui. Juste pour vous dire que c’est un grand salon. C’est le plus grand évènement, en termes d’élevage, de la sous-région. La cérémonie officielle est prévue samedi, 18 janvier, à 11 heures. Elle sera présidée par le ministre de l’Elevage. Des directeurs de sociétés nationales, présidents d’associations et de fédérations d’éleveurs et des représentants du corps diplomatique vont prendre part à la cérémonie.

Quelles sont les innovations, cette année ?

Les innovations sont nombreuses. C’est le cas du pavillon équin qui est une nouveauté. Auparavant, seuls quelques chevaux étaient exposés. Cette année, nous avons un grand pavillon, spécialement réservé aux chevaux de toutes les races. Il y a des races françaises et des races espagnoles qui font des sauts d’obstacles. S’y ajoutent des puissants reproducteurs, des améliorateurs anglais mais également des chevaux de la gendarmerie nationale. Le haras national est également présent. Les amateurs de beaux chevaux seront vraiment gâtés en visitant le salon.

L’autre innovation de taille, indépendamment de la forte présence des équins, c’est le concours de saut d’obstacles qui est au programme. C’est la première fois qu’on organise ce genre de concours.

La troisième nouveauté concerne la basse-cour. Une basse-cour digne de ce nom a eu droit à un pavillon entier. Une première ! Et demain, lors de la cérémonie d’ouverture, on procédera au lâcher de deux mille pigeons voyageurs qui vont quitter le salon pour aller rejoindre leurs domiciles respectifs.

La dernière particularité, c’est la présence des Marocains. C’est la première fois que le salon s’ouvre au Maghreb. C’est quelque chose de fondamental qu’il faut noter.

Combien d’exposants sont attendus à ce salon ?

Globalement, nous avons plus de 500 exposants et plus de 100 mille animaux et 5 mille espèces.

Quelles sont les retombées économiques de ce salon pour le pays ?

Comme je l’ai dit tantôt, ce salon participe, de manière significative à la croissance économique du Sénégal. Toutes les filières confondues contribuent à l’autosuffisance alimentaire en viande et lait sans compter les milliers d’emplois directs et indirects que le secteur de l’élevage a créés. Ce  qui contribue à la lutte contre la pauvreté. Du côté des ovins, avec les ladoum, la majeure partie des exposants sont des jeunes qui ont moins de 30 ans et qui ont fini de faire de cette activité leur gagne-pain. Et avec l’élevage du ladoum, il y a des métiers dérivés tels que les vendeurs de cordes, les fabricants des colliers pour le bétail ou les coupeurs d’ongles des  sujets. Le salon fait aussi la promotion du tourisme d’affaires. Nous recevons des visiteurs étrangers qui viennent s’inspirer de nos pratiques et sceller des partenariats.

Donc c’est toute une activité génératrice de revenus qui gravite autour de ce salon. L’autre aspect, compte tenu de l’importance du nombre d’éleveurs au Sénégal qui grimpe d’une manière exponentielle, c’est qu’il y a la multiplication d’usines de minoteries qui produisent l’aliment de bétail. Donc ces entreprises privées qui emploient des milliers de personnes y trouvent leur compte. Pour tout dire, l’élevage participe beaucoup au développement du Sénégal.

Votre dernier mot ?

Je profite de l’occasion pour remercier et rendre hommage à notre parrain, Baba Diao de Itoc. Beaucoup ne le savent pas. Mais, M. Diao est un grand éleveur qui importe ses sujets du Brésil. Ce qui participe pour beaucoup à la beauté du salon. Chaque année, il nous gratifie de la présence de ses bovins qui constituent l’attraction. Son accompagnement désintéressé ne nous a jamais fait défaut dans l’organisation. Tous les membres de l’Adam sont fiers de lui, et par ma voix, lui expriment leur reconnaissance.

Propos recueillis par Serigne Ndiaye

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