Adama Gaye et Guy Marius Sagna décrochent un soutien de taille

Ces organisations commencent par constater que même le «Procureur s’emmêle les pinceaux, lui qui vient de publier coup sur coup, ce 05 août, deux communiqués différents sur le motif d’inculpation de Guy Marius Sagna, l’un d’abord faisant mention de ‘diffusion de fausses nouvelles’, l’autre ensuite alléguant, à titre de rectificatif, une fausse alerte au terrorisme’ Ainsi, commentent Dialo Diop, Ousmane Sonko, Madièye Mbodji et Cie, «quand le ‘maitre des poursuites’ lui-même se perd dans le dédale de son code pénal, il y a assurément de quoi suspecter la procédure.» Quelques semaines auparavant, poursuivent-ils, «le pouvoir de Macky Sall a eu à envoyer toute une équipe de la Dic faire  irruption,  tôt le matin, au domicile du journaliste Jean Meïssa Diop, fouillant jusque dans sa chambre à coucher, à la recherche d’on ne sait qui (amenant l’intéressé à dénoncer «une agression sous le couvert de la loi.»), avant de se confondre en plates excuses!» Cette même Dic, rappellent-ils, «vient de récidiver ce 29 juillet en allant enlever chez lui  le journaliste consultant Adama Gaye, gardé à vue pendant deux jours puis inculpé et mis en prison pour ‘atteinte à la sécurité intérieure et offense au chef de l’Etat’. En attendant d’être édifiés davantage sur les tenants et aboutissants de cette affaire, il n’est pas inutile de rappeler que tous les démocrates du Sénégal n’ont jamais cessé, depuis des décennies, de dénoncer les Articles 80, 139 et 255  du code pénal en tant que dispositions liberticides et fourre-tout qui permettent, ‘en toute légalité’, d’inculper et d’emprisonner n’importe quel citoyen, suivant les seuls désirs du prince, confirmant ce tout récent titre à la Une d’un quotidien de la place : ‘Article 80, un monstre encore en vie’» !

Guy Marius Sagna quant à lui, membre du collectif Frapp/France Dégage, de la Plateforme citoyenne Aar Li Nu Bokk et du parti Yoonu Askan Wi, «a été alpagué en pleine finale de la CAN 2019 en Egypte, gardé arbitrairement et abusivement à vue, avant que ne soit trouvé laborieusement contre lui un chef d’inculpation : ‘Fausse alerte au terrorisme’ !» Pour ces organisations, la justice sénégalaise semble reprocher au Collectif  Frapp/France Dégage sa déclaration du 15 juillet  2019 titrée : «La France prépare un attentat terroriste au Sénégal», déclaration qui, selon eux, se faisait simplement l’écho des propos du  ministre français de l’Intérieur Christophe Castaner, en visite récemment au Sénégal. En effet, d’après ce dernier, «le terrorisme est présent au Sénégal…». «Frapp/France Dégage n’a fait que le citer, pour émettre ensuite une opinion sous forme de commentaire, indiquant que ces propos constituaient une forme de chantage au terrorisme exercé par la France sur le Sénégal, ‘pour renforcer son occupation militaire afin d’augmenter sa recolonisation économique’ »,  ajoutent Sonko et Cie qui relèvent que nulle trace dans ladite déclaration ni d’injures, ni de fausse alerte, ni d’apologie du terrorisme, ni d’un quelconque discrédit des institutions de la République ! «Délit d’opinion en réalité, délit d’oser dire la vérité à la France et à Macky Sall qui, s’il était conséquent et réellement soucieux des intérêts du Sénégal, aurait dû prendre son courage à deux mains et ordonner ‘l’ouverture d’une information judiciaire’» contre Monsieur Castaner et non contre Guy Marius Sagna. Celui-ci, au demeurant, n’est ni auteur ni diffuseur de la déclaration visée, ni le responsable ou la personne morale du collectif Frapp/France Dégage. Emprisonné clairement pour des raisons strictement politiques, Guy Marius est pourtant parqué cyniquement dans la ‘senzala’ des détenus de droit commun». Ces souteneurs de Guy Marius Sagna de souligner que «ce militant a été conduit en prison sain et sauf, la préservation de son intégrité physique et de sa santé est entièrement de la responsabilité du seul régime de Macky Sall». Suffisant pour que ces partis affirment que «les tentatives de diversion, d’intimidation, d’humiliation et de musellement ne passeront pas. Les patriotes et démocrates du Sénégal continueront de se dresser énergiquement, comme l’illustre la marche populaire, politique et citoyenne du vendredi 2 août dernier sous l’égide de Aar Li Nu Bokk, contre le pillage de nos ressources naturelles, l’autocratie, l’injustice et la répétition des ‘détentions préventives’ arbitraires de plusieurs années…»

WALF

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