Algérie : Boutef perd la main

 Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a démissionné, annonce l’agence de presse algérienne APS.

“Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a notifié officiellement au président du Conseil constitutionnel sa décision de mettre fin à son mandat en qualité de président de la République, a-t-on appris auprès de la présidence de la République”, écrit l’agence de presse.

Agé de 82 ans, de santé fragile depuis son AVC en 2013, Abdelaziz Bouteflika était à la tête du pays depuis vingt ans. Sous la pression de la rue, il avait renoncé en mars à briguer un cinquième mandat et avait annoncé le report sine die de l’élection présidentielle normalement prévue ce mois-ci.

Mardi, le chef d’état-major des forces armées, le général Ahmed Gaed Salah, avait demandé que le président Bouteflika soit sans attendre déclaré inapte à diriger le pays.

Le général Salah avait déclaré qu’il était du côté du peuple et qu’il ne fallait plus perdre de temps, après des semaines de manifestations massives en faveur de la démission du chef de l’Etat.

Lundi, Abdelaziz Bouteflika avait fait savoir qu’il quitterait ses fonctions avant la fin effective de son mandat le 28 avril. Mais l’un des meneurs des manifestations et les partis d’opposition avaient jugé cette annonce insuffisante, et mardi, des centaines d’étudiants avaient défilé dans la capitale, Alger, pour réclamer la fin du système politique actuel, jugé incapable de réformes en profondeur.

A l’âge de 19 ans, Abdelaziz Bouteflika rejoignit les rangs des insurgés durant la guerre d’Algérie (1954-1962), comme protégé de Houari Boumédiene, lequel devint par la suite président.

A l’indépendance, il fut à 25 ans ministre de la Jeunesse et du Tourisme. L’année suivante, il était nommé ministre des Affaires étrangères et fut alors l’un des principaux protagonistes du Mouvement des non alignés, qui donna une voix sur la scène internationale à l’Afrique, à l’Asie et à l’Amérique latine.

Mais à la fin des années 1970, Bouteflika, tombé en disgrâce, partit en exil. Sa carrière politique sortit des limbes cependant alors que l’Algérie était en proie dans les années 1990 à un conflit avec les islamistes armés, qui fit dans les 200.000 morts.

Elu président pour la première fois en 1999, il négocia une trêve pour permettre un arrêt des affrontements.

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