Amoul Yakaar : la terreur des chauffards

PORTRAIT

REPUTE INCORRUPTIBLE, TERREUR DES TAXIS «CLANDOS…

Amoul Yakar, le flic modèle

Son nom donne des frissons aux chauffards. Lui, c’est l’agent de police Amoul Yakaar. De son vrai nom Mouhamadou Amoul Yakar Diouf, il est la terreur des chauffeurs  de taxi «clandos» en conflit avec la règle de bonne conduite. 

Ce n’est pas tous les jours qu’il monte la faction sur les artères qu’empruntent les taxis «clandos». Mais, lorsqu’il est localisé quelque part, sur les différentes artères ou rues qu’empruntent ce type de taxis, l’information circule entre chauffeurs pour l’éviter. Parce qu’avec Amoul Yakkar, point de conciliabules encore moins de corruption. Mouhamadou Amoul Yakaar Diouf, c’est l’agent de police modèle, incorruptible et intransigeant. En effet, s’il monte la faction sur une des différentes artères qu’empruntent les taxis communément appelés «clandos», plus de clandestinité, plus d’irrégularités sur les routes. Ses cibles, ce ne sont pas seulement les chauffeurs de taxis qui ne sont pas en règle, mais tous ceux qui ne respectent pas le code de la route.

En cette matinée de mardi 19 mars, le Boulevard  du Général De Gaulle communément appelé «boulevard des lamentations» grouille de monde. Va et vient incessants, klaxons et vrombissements des véhicules crèvent les tympans. L’air frais, combiné au gaz qui s’échappe des pots d’échappement des véhicules, titille les narines. Sur l’aile gauche sont stationnés des véhicules frappés par l’âge dont la carrosserie ne tient plus la route. Les chauffeurs de ces véhicules ont décidé de prendre un congé forcé parce que la terreur des conducteurs est de service. En cette matinée, il a pris faction à côté du siège de la Banque de l’habitat du Sénégal (Bhs), considéré comme le terminus des taxis «clandos» devant emprunter la trajet Liberté 6 – Carrefour du Triangle Sud de la Rts. Longiligne, emmitouflé dans sa tenue de flic, Amoul Yakaar tient entre ses mains sa casquette de sécurité et une clope. Sa moto de service est stationnée à ses côtés. Il est entouré de ses victimes, les chauffeurs de taxis «clandos». Il était prêt à quitter les lieux avant qu’une réponse indélicate d’un chauffard le mette en colère. Furieux, Amoul Yakaar décline l’offre avant de se coller à côté du garage des «clandos». Désormais, c’est le «chômage» forcé pour cette journée puisque beaucoup d’entre eux se sont vu confisquer leurs documents de transport.

Une main de fer dans un gant de velours ? D’un commerce facile, il accepte volontiers de discuter avec votre serviteur. Mais, n’accepte ni de se faire enregistrer ni de se faire photographier. Son travail, il le comprend comme une mission divine. «Je fais mon travail tel que prescrit par la loi. Quand je suis devant un citoyen, il faut qu’il sache qu’un policier est devant lui», explique-t-il. Sa carapace, il dit l’avoir forgée avec  son passage dans le mouvement des scouts à Ziguinchor. «Lorsqu’on fait son travail de manière correcte, on peut subir des pressions à l’interne comme à l’externe. C’est par l’attachement à mon travail et avec l’aide de Dieu que je parviens à faire face. J’ai la conscience tranquille parce que je fais mon travail de manière correcte et nette. Quand on agit selon sa conscience, on n’a pas peur. Le cas contraire, tôt ou tard, nos actions nous rattrapent», philosophe-t-il. C’est pour cela qu’il avait confié à nos confrères de L’As qu’il est  conscient de gêner certains, de la pression qui pèse sur lui et des risques, surtout sur le plan mystique. «Un jour, le voisin d’un de mes proches, qui s’active dans le transport clandestin m’a reconnu et confessé qu’il a plusieurs fois donné mon nom à des marabouts pour que leur véhicule ne fasse plus l’objet de fourrière. Mais avec la grâce de Dieu, ma mère, mon seul marabout veille au grain», avait il confié à nos confrères.

Voilà plus d’une décennie qu’il est dans la police. Sorti de l’école de Police, le 17 avril 2004,  après sa formation initiale en 1989 dans l’armée, au sein du 12ème Bataillon de Dakar Bango, Amoul Yakar a par la suite servi au Groupement mobile d’intervention (Gmi) de Thiès comme formateur. C’est plus tard qu’il sera affecté à la Compagnie de circulation de Dakar où il s’occupe du stationnement anarchique, du transport irrégulier, du contrôle des pièces des véhicules. S’agissant de son enfance, il dit en avoir  une mouvementée qu’il a passée à Tambacounda, lieu de sa naissance et Ziguinchor, sa ville d’adoption.

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