Audition de Sonko à huis clos : L’Assemblée nationale, la peur au ventre

Les députés de la majorité et le pouvoir craignent des manifestations violentes vendredi prochain, jour de l’audition du rapport de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire dite des 94 milliards de francs. Le président Macky Sall et Aymerou Gningue, le président du groupe parlementaire de Benno Bokk Yaakaar, redoutent un second 23 juin devant les grilles de l’Assemblée nationale. Car ils ont décidé d’éloigner loin les Sénégalais de l’Assemblée nationale, où les députés de la mouvance présidentielle vont sceller le sort de Ousmane Sonko. En effet, alors que l’examen portant modification du règlement intérieur de l’Assemblée nationale qui va passer en premier est ouvert à la presse et à tous les citoyens, l’audition du rapport de la commission d’enquête se fera à huis clos, loin des yeux et des oreilles des Sénégalais. Et inutile de dire que les manifestations devant les grilles de l’hémicycle seront interdites. Une manière de prévenir d’éventuelles violences devant les grilles de l’Assemblée nationale pouvant entraîner la suspension des travaux, comme ce fut le cas en 2011 avec le fameux ticket Président- vice président.
Il faut dire qu’il y a des risques de violences. De nombreux partisans du leader de Pastef appellent à manifester vendredi devant «l’Assemblée des comploteurs» qui voudra mener à l’abattoir politique le patriote Ousmane Sonko. «L’Assemblée populaire composée des dignes filles et fils du peuple qui cherchent à sortir le Sénégal et l’Afrique du complot de l’impérialisme et de ses représentants sénégalais et africains devra être dans la rue. Nous sommes toutes et tous menacés.
 Nous ne pouvons permettre qu’après la liquidation de Karim, de Khalifa s’en suive celle de Sonko. Il nous revient d’être les gardiens de la démocratie, des libertés sans cesse piétinées depuis 2012», a écrit sur sa page Facebook l’activiste Guy Marius Sagna. Puis il ajoute: «Au péril de notre vie, il est temps de dire DAFA DOY! Pour un meilleur Sénégal à rendre à nos enfants et petits enfants, nous devons arrêter cette bande de Sénégalais indignes qui se croient tout permis. Ce qui est en jeu dépasse Sonko. Il s’agit de notre présent et de notre futur que ces apatrides, ces parasites veulent nous voler. Cela nous ne pouvons le permettre. Cela personne ne le défendra à notre place. Je lance un appel à la mobilisation pour la défense des miettes de démocratie qui nous restent depuis l’arrivée de ces vampires. Cette bataille nous devons la gagner».
Ces appels à manifester semblent avoir ébranlé la sérénité des députés de la majorité présidentielle qui ont cafouillé, hier, pour tenir leur réunion. En effet, initialement prévue à 16 heures dans la salle du nouveau bâtiment, la rencontre avait été rapprochée à 14 heures sans que l’on en sache les raisons. Mieux, Aymerou Gningue avait formellement demandé à tous ses collègues d’être à l’heure. Et à en croire notre source, cette rencontre a servi à harmoniser les positions et à définir la stratégie à adopter face aux accusations de Sonko. Ainsi, d’après notre source, tous les députés de la mouvance présidentielle vont adopter les conclusions du rapport de la commission d’enquête parce qu’ils sont «convaincus de la fausseté» des accusations de Sonko.

WALF

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