Bargny : Après la centrale à charbon, les femmes transformatrices de poisson sur un autre front

Les femmes transformatrices de poisson à Khelcom Bargny ne sont pas au bout de leur peine. Au moment où elles sont en bras de fer avec les autorités sur la centrale à charbon qui menace leurs activités, un nouveau front s’ouvre pour elles. En effet, selon Aly Mari Sagne, président d’une l’Ong, il y a pas plus d’une semaine, une entreprise turque appelée Tosyali est venue sur le site de transformation des femmes de Khelcom Bargny pour implanter son usine de sidérurgie.

«En tant que partenaire des femmes transformatrices qui luttent pour la préservation de ce site depuis plus de 10 ans et contre l’installation de la centrale à charbon de Bargny Sendou, nous manifestons notre indignation par rapport à cette seconde tentative d’accaparement de ce site de transformation de poisson de Bargny. Après la directrice de Sendou qui a menacé depuis 2009 de les déguerpir, aujourd’hui, c’est une entreprise turque qui se signale encore. C’est inacceptable», martèle Aly Mari Sagne. Pour lui, cette usine peut entrainer des risques environnementaux et sanitaires pour les populations de la localité.

«La centrale à charbon est très dangereuse sur l’environnement et les communautés. Les produits chimiques qui seront rejetés à la mer risquent de détruire complètement l’écosystème et la pêche artisanale. Nous voulons que les femmes comprennent les enjeux du voisinage avec cette usine et cette nouvelle entreprise turque qui veut confisquer le site», déclare M. Sagne. Selon les résultats d’une étude commanditée en 2019, 1 514 femmes ont été impactées par cette centrale à charbon. Et c’est à travers des ressources tirées de ce travail qu’elles arrivent à entretenir leurs familles. Pour lui, empêcher, aujourd’hui, ces braves dames de travailler sur ce site au profit d’une firme étrangère, c’est créer un drame social.

«Où est ce qu’elles vont trouver des ressources pour nourrir leurs familles? Raison pour laquelle nous menons ce combat partout. Nous allons dénoncer cette agression contre ces femmes. Ce n’est pas normal. C’est inacceptable qu’on leur prive ce site où elles arrivent à gagner leurs vies dignement», dénonce le président de Lsd.

Selon Aby Dia, facilitatrice communautaire à la Lsd, l’impact négatif de ce projet est incalculable. «70 voire 80 % des activités à Bargny dépendent de ce site de Khelcom. C’est la mort à petit feu de toutes les activités économiques à Bargny», ajoute Aby Dia.

                                                                   

WALF

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