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Centres de santé : La grippe, la diarrhée, le paludisme occupent 80 % des consultations

Au Poste de santé de l’Unité 22 des Parcelles Assainies. L’ambiance est bon enfant. Des cris des enfants par-ci et des gémissements de malades par là. Les lieux sont envahis par des patients. A l’accueil toutes les places sont occupées. Faute de places, des patients sont assis même sur les carreaux. Difficile de se frayer un passage entre les salles. Dans un petit couloir qui mène au bureau de l’Infirmier chef de poste (Icp), des patients sont assis sur un long banc en dur carrelé en blanc. Ils forment une queue par ordre d’arrivée pour des séances de consultations médicales. Adossée sur le mur du bâtiment, Coumba Ndiaye tient dans ses bras, un bébé âgée à peine 8 mois. Atteinte de la grippe la nouvelle maman ne ferme presque plus d’œil la nuit. La fatigue se lit sur son visage renfrogné avec des yeux larmoyants, le nez qui coule, des éternuements accompagnés des quintes de toux à chaque minute qui passe. Impatiente tantôt elle met son bébé sur le dos et fait quelques pas notamment des va et vient puis elle s’assoie et tente de calmer son fils qui pleure à gros sanglots sur son dos.
«J’ai la grippe depuis presque une semaine et j’arrive plus à trouver le sommeil la nuit. En plus j’ai un nouveau-né, il pleure beaucoup et cela me fait beaucoup de peine. J’ai une fièvre intense la nuit. Toutes mes articulations me font mal, franchement c’est une maladie trop encombrante. Je suis venue voir l’infirmier, pour voir si la grippe n’est pas mêlée à autre chose, car, je ne tiens plus», renseigne Coumba Ndiaye la voix tremblante.
Selon l’infirmière Oumy Dème, c’est un phénomène connu durant l’hivernage. Cette hausse de la fréquentation des structures sanitaires s’explique en grande partie par ce pic de grippe mais il y a aussi les autres pathologies. Elle soutient que ces maladies hivernales sont, en particulier, infectieuses. Leur recrudescence notée avec l’installation des pluies est due, le plus souvent, par un défaut d’hygiène et d’assainissement. En effet, beaucoup d’entre elles ont pour causes des problèmes liés à l’insalubrité de l’environnement des lieux d’habitation et des conditions de vie des personnes.

Bénignes la plupart du temps, ces maladies n’en sont pas moins désagréables et doivent être surveillées de près lorsqu’elles atteignent les personnes âgées, les nourrissons et les personnes touchées par une immunodéficience. Le dénominateur commun de toutes ces calamités serait, selon elle, le manque d’assainissement surtout en cette période d’hivernage. D’où la nécessité d’une éducation sur les mesures élémentaires de santé à respecter par les populations. A savoir prescrit-elle, le lavage régulièrement des mains et cela ne concerne pas seulement les adultes. Il faut apprendre aussi, d’après l’infirmière, aux enfants à faire autant. Même s’il n’est pas trop fréquent le paludisme fait l’objet aussi de consultations dans les postes et centres de santé. «Tout le monde fait un travail remarquable malgré le nombre élevé de patients. Nous avons multiplié les salles de consultations pour éviter les longues attentes. C’est une période aussi pour renforcer le personnel de santé par l’arrivée d’autres infirmiers en renfort», indique-t-elle.
Autre structure sanitaire même constat. Au Centre de Santé, Gaspard Camara sis à Grand Dakar, le personnel de santé est envahi par les patients. Sur les bancs au niveau des couloirs qui servent d’accueil, impossible de trouver une place libre. Derrière une table en bois qui lui sert de bureau, un gros cahier et un stylo pour prendre note, un vigile en uniforme, une casquette bien vissée sur la tête oriente les malades vers leurs salles de consultation. Ici, aussi ces mêmes pathologies caracolent en tête. En dehors de la grippe, selon les infirmiers interrogés sur place, beaucoup de malades souffrent de bronchites, de diarrhées surtout chez les enfants.
«Les eaux de pluie et la canicule, en ces périodes hivernales, posent d’énormes difficultés à l’organisme humain, de sorte que beaucoup de maladies en veille apparaissent de manière soudaine. C’est le cas de la grippe, la diarrhée etc. Elles constituent presque 80 % de nos consultations», renseigne l’un deux.

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