Chaleur à Dakar : Les bonnes affaires des vendeurs de pastèque

Très prisée, surtout en cette période de chaleur, la pastèque se vend bien actuellement à Dakar. Ce fruit juteux et remarquablement désaltérant est exposé dans toutes les artères de la capitale sénégalaise. Au grand bonheur des Dakarois.

Sur l’Avenue Cheikh Ahmadou Bamba des Hlm, des tas de pastèques jalonnent les trottoirs. Le soleil darde ses rayons qui dégagent une chaleur accablante. Ça transpire dans les bus et les cars rapides. Le ronronnement des moteurs des véhicules et la fumée qui se dégage des vieux cars rapides polluent l’atmosphère. Une ambiance bon enfant règne sur cette artère qui mène vers Colobane. Les boutiquiers, mécaniciens, marchands ambulants, kiosques à café  etc. occupent le trottoir. Devant une banque, des pastèques sont déversées sur le sol. Des clients, certains accroupis, d’autres debout, cherchent le bon fruit. Avec l’index, ils le tapotent. Pour accrocher les potentiels acheteurs, le vendeur Modou Sène découpe avec son couteau une pastèque qu’il fait goûter aux visiteurs. «Prenez monsieur, il faut goûter, les pastèques sont mûres. Je vous assure que si vous achetez, vous ne regretterez pas. Vous allez revenir encore, je vous le promets», lance Modou Sène qui tient le couteau et le restant du fruit au beau milieu du tas. Ce ressortissant du Saloum qui s’active dans ce commerce soutient que c’est un fruit qui est très prisé actuellement à Dakar. Parce que, non seulement il renferme beaucoup d’eau et permet aux gens de s’hydrater en cette période de chaleur. Mais aussi le produit selon lui, renferme des vertus. Pour lui, le prix varie selon le poids. Il y en a qui coûte 750 F Cfa, 1 000 F Cfa, 1 500 F Cfa, 2 mille et même jusqu’à 2 500 F Cfa. «C’est une activité que je pratique depuis plus de 10 ans. Chaque année, je cultive de la pastèque dans mon village. J’ai une parcelle que je réserve uniquement pour ce produit. Après la récolte, je loue un camion pour venir vendre à Dakar. Dieu merci, je m’en sors. Je vends aux tabliers détaillants comme à ceux qui viennent acheter juste pour la famille. Et cette année avec les fortes pluies, la récolte a été très bonne», partage le commerçant qui coupe par moments l’entretien pour aller satisfaire un client.

A deux pas de là, un autre vendeur se tient debout devant un gros tas de pastèques. L’homme, habillé en tenue «Baye Fall», avec un canif logé dans une poche attachée à sa ceinture qui retombe sur ses genoux, discute avec un client détaillant. Comme s’ils ne sentaient pas le soleil, les deux hommes échangent pendant une bonne trentaine de minutes avec des gestes. Tantôt le client soulève une pastèque, la roule entre ses mains, tapote puis la dépose par terre. Ici, à chacun sa manière de tester le bon fruit. Après quelques minutes d’échange, le client tire son charriot et choisit 10 pastèques qu’il dépose sur son «pousse-pousse».  «C’est un fidèle client. Il quitte le quartier du Point E pour venir s’approvisionner chez moi. Donc il fallait que je lui fasse un peu une réduction, parce qu’il va revendre lui aussi pour gagner quelque chose», sert le vendeur.

A la rue Sandiniéry en plein cœur de la ville de Dakar, ce sont des montagnes de pastèques qui occupent l’espace. Quelques camions gros porteurs, trouvés sur place, déchargent leurs cargaisons de pastèque qui viennent de l’intérieur du pays. Les clients envahissent les tas. Et les marchandages vont bon train. «Allez, gouttez…les pastèques sont juteuses. Donnez 600 F Cfa, ce n’est pas cher», lance le vendeur pris d’assaut par les clients. Contrairement  aux Hlm, ici, le prix n’est pas fixe. L’acheteur a la possibilité de marchander. Et il y en a pour toutes les bourses. Juste après une petite inspection du fruit avec la main, le vendeur donne le prix. «C’est un bon fruit et mes enfants en raffolent. Chaque jour, quand je viens au marché, j’en profite pour passer acheter deux pastèques et aller mettre dans le frigo. Après le déjeuner, je sers à toute la famille. Il est conseillé d’ailleurs de beaucoup consommer la pastèque surtout en période de chaleur, parce qu’on transpire et on perd beaucoup d’eau. Et ce fruit permet de remplacer cette eau perdue», confie, fine «experte», Aminata Diagne Ndiaye.

WALF

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