Covid-19 : Hôpital Fann, dans tous ses états

On est à l’hôpital Fann. Sur les deux côtés du portail principal, deux petites portes sont aménagées l’une pour l’entrée et l’autre pour la sortie. Et au milieu une grande porte pour les voitures. Pointés à chaque coin, les vigiles en tenue filtrent les entrées et les sorties. A l’intérieur de l’établissement sanitaire, les blouses blanches circulent. Cette structure sanitaire qui a accueilli les cas du Covid-19 confirmés par l’Institut Pasteur garde son ambiance habituelle. Les visiteurs vaquent à leurs occupations et aucun contrôle sanitaire n’est soumis à l’entrée de la porte principale. Le lavage des mains conseillé par les professionnels de la santé pour éviter de choper le virus n’est pas aussi appliqué pour le moment. Aucune disposition n’est mise en place pour un changement de comportement. Même pas d’affiche de sensibilisation sur la maladie qui est déjà dans nos murs. Toutefois, l’inquiétude a fini de gagner certains qui commencent à prendre leurs précautions pour éviter le pire. C’est le cas de ce patient du nom de Dame Diop, trouvé assis à côté d’une petite mosquée érigée à l’intérieur de l’hôpital, une ordonnance à la main droite. «J’ai peur et je suis vraiment inquiet, parce que d’après ce que j’ai entendu, c’est une maladie qui est très grave et n’importe qui peut l’avoir. Imaginez quelqu’un qui est malade en venant se soigner, il contracte encore une autre maladie ! En tout cas moi je n’ai pas l’esprit tranquille. C’est la raison pour laquelle j’ai porté ce masque», lance-t-il, tout en réajustant le masque qui couvre la moitié de son visage.
Après quelques minutes de marche sur une voie goudronnée, au fond de l’hôpital Fann, deux bâtiments font face au visiteur. Avant le Centre de pneumologie, un grand bâtiment se dresse. Il s’agit du service des maladies infectieuses où sont hospitalisés les cas testés positifs au coronavirus Covid-19 par l’Institut Pasteur. Devant la porte d’entrée, un gardien est assis sur une chaise. Pour passer, il faut décliner les raisons de sa visite ou bien se munir d’une ordonnance. Debout devant une boutique qui fait face au service des maladies infectieuses, Maïmouna Thiam discute avec son fils qui tient un sachet à la main. Interpellée, elle dit avoir eu vent de l’hospitalisation des patients infectés au service des maladies infectieuses. «J’ai entendu à la radio qu’il y a des malades qui ont contracté le coronavirus qui sont hospitalisés ici. Mon mari est interné ici au service des maladies infectieuses depuis le mois de décembre dernier. Avant-hier, lors des visites, son médecin traitant nous a donné quelques conseils sur les mesures de prévention pour éviter la maladie, mais pas plus», confie-t-elle. Sur la question de savoir si le personnel soignant a mis à leur disposition des produits comme les antiseptiques pour renforcer les mesures d’hygiène, la dame affirme n’avoir rien vu, pour le moment. Toutefois elle dit prendre déjà les devants en évitant de donner la main à tout bout de champ.
A l’intérieur du service, impossible de soutirer un mot au personnel de santé. Selon une infirmière rencontrée dans les couloirs, ordre a été donné à tous les soignants de ne pas s’adresser à la presse. «Vous perdez votre temps, personne n’acceptera de vous parler, c’est un ordre», lance-t-elle en prenant congé de nous pour s’engouffrer dans une salle de consultation.
WALF

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