Covid-19/Hôpitaux : Psychose chez les soignants et patients

Avec le nombre de cas positifs qui ne cesse de grimper, le Covid-19 a fini d’installer un climat de peur dans les structures sanitaires. Les rares patients qui ont le courage de s’y rendre y vont la peur au ventre. Chez les soignants, la crainte de choper le virus est partout présente.
Devant le portail de l’hôpital Nabil Choucair sis à la Patte d’Oie, deux fûts remplis d’eau et une bouteille de savon liquide sont posés. Pour mettre les pieds à l’intérieur, il faut passer par le rituel du lavage des mains. Et le port de masque est obligatoire. Cinq affiches de sensibilisation sur les gestes barrières contre le Covid-19 surplombent le bâtiment de l’hôpital. Pointé devant la porte d’entrée, un vigile en tenue vérifie la température du visiteur et si ce dernier s’est lavé les mains ou pas. A l’accueil des bancs peints de couleur marron sont érigés. Les malades sont orientés par une jeune fille habillée d’une blouse blanche.
Au service des consultations, deux longs bancs font face au bureau du médecin. La circulation des cas issus de la transmission communautaire qui commence à être signalée dans les hôpitaux a fini d’installer un climat de peur dans les établissements sanitaires publics. Assise sur l’un des bancs, le corps dépigmenté qui laisse apparaitre des taches noirâtres sur les orteils, cette patiente du nom de Fatou Top confie avoir la peur dans le ventre. «Mon asthme s’est réveillé depuis avant-hier, mais j’avoue que j’ai beaucoup hésité avant de venir à l’hôpital. Parce que ce n’est pas sûr. Imaginez que je vienne, ici, pour juste une petite consultation et que je chope le virus», déclare Fatou Top emmitouflée dans un grand boubou léger communément appelé «meulf».
Pour cette infirmière croisée dans les couloirs, que le personnel de santé le dise ou pas, tout le monde a peur. Car, selon elle, le virus n’épargne actuellement aucun secteur. Et les hôpitaux sont les plus exposés, vu le nombre de patients qui s’y rendent chaque jour. «Aujourd’hui, tous les hôpitaux sont des réceptacles de patients atteints de Covid-19. Et nous sommes très exposés. Certes, nous portons des masques et l’exigeons des patients qui viennent en consultation. Mais, on ne peut pas respecter tous les gestes barrières. Parce que, pour soigner quelqu’un, il faut forcément s’approcher de lui. On craint non seulement de contracter ce virus et après rentrer avec dans nos maisons contaminer nos proches», avance-t-elle.
A l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff (ex-Cto), patients et accompagnants font des entrées et des sorties. Ici aussi les mesures de prévention édictées par les autorités en charge de la santé à savoir le lavage des mains, le port de masque…pour réduire les risques de propagation de la maladie sont de rigueur. «Chacun d’entre nous a choisi cette profession pour le bien. Malheureusement aussi pour le mal. Donc je ne vois pas ce qui peut nous apeurer. On peut comprendre que, chez les patients, il y ait ce climat de peur. Mais, pas chez nous les soignants. On doit garder notre sang-froid. Nous sommes des professionnels de la santé et devons l’assumer», lance l’un des médecins trouvé avec ses collègues à la salle de réunion des Urgences. Qui saisit l’occasion pour inviter les populations à rester chez elles si elles n’ont pas des urgences à régler dehors. Pour lui, c’est le seul moyen d’éradiquer la maladie. «Actuellement beaucoup de gens ont peur d’aller dans les hôpitaux. Mon petit frère qui est un infirmier en chômage a été sélectionné récemment parmi les professionnels de la santé qui vont porter secours aux hôpitaux. Mais ma maman s’est opposée. Elle lui a dit de choisir entre l’hôpital et la maison. Donc, s’il décide d’aller travailler, qu’il cherche une chambre ailleurs», raconte Bintou Cissé qui accompagne son fils qui s’est tranché le doigt avec une lame.
Pour Dr Yoro Mbow, médecin généraliste au Samu Municipal, c’est normal qu’il y ait cette panique liée au Covid-19. Mais, de son avis, le meilleur moyen de faire face à cette maladie, c’est le respect strict des mesures de prévention. WALF

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