Covid-19/Talibés: Wassétaké et Saldé montrent la voie

 Dans le cadre de la riposte contre le Covid-19, les femmes issues des villages de Wassétaké et de Saldé, situés dans l’île à morphil, viennent de poser des actes de grande portée humanitaire. Pour cause, ces braves dames qui pourtant ont vécu une campagne agricole désastreuse, au point qu’elles ne sont pas allées en campagne de contre-saison cette année, viennent d’accorder une assistance particulière aux daara et à leurs pensionnaires.
(Correspondance) – Malgré leurs très faibles revenus et en dépit de la fermeture des louma et frontières, les femmes des villages de Saldé et de Wassétaké, dans l’Ile à morphil, ont collecté un important don qu’elles ont pu revendre. Les recettes issues de cette vente ont permis à ces braves femmes d’acheter une importante quantité de mil et de riz, des détergents et du savon pour le lavage des mains. Et, avec leurs moyens propres, ce sont elles-mêmes qui se sont rendu au niveau des moulins à mil pour moudre la denrée obtenue. Ce qui leur a permis de préparer du couscous qu’elles ont par la suite asséché. L’aliment a, par la suite, été servi aux milliers de talibés pour leur permettre de faire face aux rigueurs du couvre-feu. Ces derniers et leurs maitres coraniques issus des contrées éloignées étaient sous la menace d’un refoulement vers leurs terroirs d’origine. Demander à ces nécessiteux de ne plus sortir de chez elles à partir de 20 heures alors que c’est dès le crépuscule qu’ils faisaient le porte-à-porte pour trouver de quoi mettre sous la dent serait extrêmement dangereux pour la survie de cette couche vulnérable.
Malgré la famine qui frappe à leurs portes du fait d’un mauvais hivernage, les femmes insulaires comptent multiplier ces actions de bienfaisance au profit de ces talibés jusqu’à la fin de l’épidémie. Un geste magnifié par les autorités religieuses, notables et personnes ressources des communautés de base. Pour l’imam de la mosquée de Wassétaké, Thierno Sada Diallo, l’Islam recommande la générosité vis-à-vis de plus démuni que soi. Et les actes posés par les braves femmes permettront aux talibés et à leurs maîtres de pouvoir faire face à la situation difficile que traversent les familles d’accueil qui sont obligées de se confiner de 20 heures à 6 heures, le lendemain. D’où ses sincères remerciements à l’endroit de ces femmes qui, fera-t-il savoir, malgré leurs conditions de vie très difficiles, sont arrivées à l’exploit de pouvoir prendre en charge cette couche vulnérable durant toute la période que durera cette épidémie. Et ces notabilités religieuses d’inviter les autorités gouvernementales à penser aux daara situés surtout dans ces zones à l’accès très difficile. Et non pas se limiter à ne recenser que des daara situés dans les grandes villes dans le cadre d’un éventuel appui pour le Covid-19. C’est aujourd’hui une urgence à ce que les autorités étatiques dégagent un fonds d’appui pour venir en aide à l’ensemble des daara recensés officiellement.
Pour Thierno Hady Wellé, maître coranique détenant l’un des plus grands daara de la zone, ce geste de solidarité de ces femmes a permis aux maîtres coraniques de garder leurs talibés et de continuer les enseignements-apprentissages. Selon lui, nombre de maîtres coraniques étaient déjà dans les dispositions de ramener leurs talibés dans leurs terroirs d’origine. L’initiative des femmes de Wassétaké qui se sont bénévolement substituées aux pouvoirs publics est arrivée à point nommé pour renoncer à cet acte qui aurait perturbé le cycle d’enseignements-apprentissages.

WALF

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