Du féminisme inamical

Ne faut-il pas apprendre de ce féminisme furieux qui a longtemps traversé le vieux continent et l’Amérique du nord ? Il en fait des sociétés hagardes. Il a détruit la structure familiale. Il a semé une confusion qui a fini par perdre hommes et femmes dans une sorte d’éparpillement indifférencié des codes et symboles de genre. Pot-pourri, les particularités ont sauté sous le poids du pareil au même. Sans réellement substituer les standards des régimes et des relations de couple des sociétés traditionnelles, la bienpensance qui se dit progressiste s’est contentée de briser les équilibres sans plan ni précaution. Ainsi, le Marché, au gré des intérêts et des goûts, fait parade de multiples échantillons sur mesure. T’en veux, en voilà.

Révoltées à juste titre, des femmes crient leur colère et en arrivent souvent à identifier les hommes au mal. Mais jusque-là, ce n’est pas du féminisme. C’est tout au plus l’expression d’une répulsion, d’un harassement. Le féminisme est beaucoup plus constructif. Il se forme et se déploie en connaissance de cause ; il englobe aussi dans sa démarche et son dynamisme les hommes épris de justice et de bon sens. Ainsi, le féminisme ne cherche ni à vaincre ni à haïr, il est porteur d’un projet censé apporter plus d’humanité à des sociétés passéistes et paralysées des préjugés.

Le féminisme qui oppose, c’est davantage de la dissimulation, une sorte de matraquage fielleux qui s’objecte banalement au machisme fautif des mauvais garçons. C’est ainsi que le mouvement s’égare des objectifs de promotion d’égale dignité, chaque fois qu’il discrimine en attribuant l’exclusivité de la mission à la seule gente féminine. Le féminisme, c’est utilement pour les femmes, mais ce n’est pas qu’une affaire de femme. Les hommes sont également concernés dans l’optique d’une mise à jour, d’une réévaluation des charges et des surcharges sociales des uns et des autres. De la sphère familiale au domaine professionnel, les multiples mutations exigent des rapports équilibrés entre les sexes. Et cela passera forcément par une nette amélioration de la condition féminine.

L’autonomisation des femmes constitue la clé de voûte du combat pour l’émancipation. Parce que le pouvoir suit l’argent notamment dans le couple que les hommes ont encore la surcapacité d’empresser et de contraindre leurs conjointes jusqu’à en faire quelquefois des souffre-douleurs. Piégées dans l’inconfort de la dépendance et de son corolaire à savoir le risque d’indigence subite, les femmes se voient souvent obligées d’endurer beaucoup d’abus et d’humiliations. Résignées, elles souffrent en silence sous l’indifférence du corps social complice et commissionnaire.

L’autonomisation des femmes doit conduire, par exemple, à mettre l’accent sur la scolarisation des filles. Par l’éducation, les femmes seront en mesure de se positionner non pas seulement dans l’étroit carcan professionnel des seules élites, mais surtout dans les sphères de définition des politiques publiques afin de prolonger leur fine sensibilité dans l’élan dynamique des conventions.

Pour autant, ce qui changera substantiellement les rapports entre les deux sexes tiendra davantage de la bienveillance et des égards que des contraintes formelles. Autrement, un climat de suspicion et de méfiance supplantera ni plus ni moins l’atmosphère actuelles des malheurs manifeste du machisme. Sous la coupole des tribunaux et des avocats cher payés, les enfants victimes à jamais de séparations tonitruantes ne diront pas le contraire. Il ne doit pas simplement être déplacé, le problème doit être réglé globalement, il doit être pris en charge en harmonie avec tout le reste.

Birame Waltako NDIAYE

 

 

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