Emigration clandestine: Noo Lank secoue « le lion qui dort »

Le collectif Noo lank condamne la passivité, l’indifférence et l’impuissance de l’Etat du Sénégal à répondre à la tragédie en cours qui entraine nos jeunes  vers l’exil à tout prix.
La reprise de l’émigration clandestine avec des morts qui se comptent par centaines d’hommes, de femmes et enfants, aurait dû sonner comme un coup de réveil brutal pour le lion qui dort au sommet de l’Etat depuis 8 ans.
A l’évidence,  ses 8 ans de PSE, de slogans et de promesses d’emploi n’ont pas permis de  convaincre ces jeunes prêts à tout pour se donner un avenir ailleurs, en Europe. Cet échec du régime de Macky Sall est une responsabilité lourde qui aurait  dû interroger sa conscience et fouetter son égo patriotique.
En lieu et place, il s’est contenté d’un nouvel artifice par un changement gouvernemental spectaculaire qui ne change absolument rien à la réalité des jeunes sénégalais en quête d’avenir. Ce changement laisse intact le problème d’emploi et d’opportunité des jeunes.
Pour autant, Noo Lank invite les jeunes du Sénégal à prendre leurs responsabilités ensemble, au lieu d’entreprendre des expéditions par pirogues pour rallier l’Europe. Leur fougue et désir d’avenir sont des forces qui peuvent et doivent être mises au service de cette lutte pour prendre toute leur place dans le pays, malgré le régime en place.
Noo Lank rejette les explications du régime de Macky Sall, cherchant à expliquer cette reprise de l’émigration par  les effets de la crise du coronavirus.
La Covid a juste  exposé les vulnérabilités déjà existantes. Elle ne les a pas causées. Les causes réelles du désespoir des jeunes sont à chercher dans l’incapacité du régime à développer une politique d’opportunités et d’emplois adaptées pour les jeunes du Sénégal.
Le Sénégal regorge d’opportunités et de jeunes  prêts à se battre. Mais l’Etat du Sénégal a non seulement une politique de formation qui exclut la plus grande partie des jeunes, mais même les jeunes formés ne sont pas accompagnés par une politique d’emploi et d’insertion dans le tissu économique  moderne.
 C’est pourquoi, la plupart des jeunes  évoluent dans l’informel et n’hésitent pas à tenter l’aventure lorsque leurs activités ne parviennent pas à leur garantir un quotidien soutenable, un espoir et un avenir possible. Pour la plupart d’entre d’eux, ils ont le sentiment que l’Etat ne se preoccupe pas de leur sort et les traite comme des êtres invisibles, des quantités négligeables.
Les accords de pêche signés avec l’union européenne viennent encore prouver que ce gouvernement n’a pas le sens de l’intérêt national et traite ses citoyens au second rang. Ces accords sont dénoncés par les pêcheurs dans leur ensemble depuis des années.
Même les techniciens du ministère de la pêche ne supportent pas ces accords et le système d’octroi de licence basé sur les intérêts financiers et politiques du ministre et du président de la République qui usent et abusent de leur pouvoir discrétionnaire. Ils utilisent ces accords comme une monnaie d’échanges de faveurs et intérêts financiers captés par quelques individus, aux dépens de 70 000 pêcheurs actifs, 600 000 acteurs indirects et plus d’un million de ménages. De tels accords participent à la déperdition de nos ressources, appauvrissent nos pêcheurs et poussent les jeunes à l’exode.
Le collectif rejette les explications du ministre Alioune Ndoye qui affirme que le Sénégal contrôle le respect de ces accords.
En ce qui concerne le contrôle des captures, c’est le régime déclaratif qui est appliqué. Ce ne sont pas des sénégalais qui assurent le contrôle des prises de poissons. Il est fait par les navires européens bénéficiaires de ces accords. C’est par simple déclaration des exploitants européens de ces bateaux que nos autorités acceptent les donnees sur les quantites capturees sans autre vérification additionnelle. Ce qui est scandaleux.
De surcroit les moyens de surveillance en place ne permettent pas effectivement d’assurer le respect des zones de pêche assignées aux bateaux étrangers. Ces bateaux violent allègrement leurs limites pour pêcher dans les eaux intérieures du Sénégal.
Même des bateaux sans licence et évoluant hors des accords. Et en cas de prise de bateaux illégaux par la marine nationale, les  pressions diplomatiques et faveurs financières les font libérer.
Enfin, le collectif déplore aussi les licences mixtes accordées aux pavillons de complaisance qui utilisent des prête-noms sénégalais pour le compte sociétés européennes qui peuvent ainsi pêcher dans la zone économique exclusive du Sénégal (ZEE).
Face à tous ces défis, Noo Lank s’engage aux côtés des pêcheurs pour lutter ensemble contre ces accords néfastes. Le collectif travaille aussi à la mobilisation des jeunes pour l’adoption d’un agenda d’urgence centré avec un véritable plan qui trace un chemin d’opportunité et d’emploi pour tous les jeunes du Sénégal.
Ce jour 16 Novembre 2020
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