Famara Ibrahima Sagna, de l’ombre à la lumière

Famara Ibrahima Sagna qui vient d’être choisi par le Président Macky Sall pour conduire le dialogue national est un homme du sérail. Né le 26 novembre à Ziguinchor, il a fait ses études primaires à Ziguinchor avant de poursuivre ses études secondaires et supérieures à Dakar et à Paris. Juriste de formation, celui qui préside désormais aux destinées du dialogue national sortira comme administrateur civil de l’Institut des Hautes études d’Outre Mer de Paris. Il devient également analyste financier après une formation post-universitaire en France et aux USA.

Administrateur civil, il occupa aussitôt de retour au Sénégal en 1962, des fonctions d’autorité dans l’administration sénégalaise sous Me Valdiodio Ndiaye, ministre de l’Intérieur. Il commença ainsi sa carrière à la Direction des Affaires politiques et administratives du ministère de l’Intérieur comme administrateur mis à la disposition du Directeur. Il occupa par la suite, dans le cadre de cette direction, successivement les fonctions de Cgef de service de la Police des Associations, des débits de boissons, des jeux et des secours. Il y occupa aussi les fonctions de service de l’Administration (actuelle Direction de l’administration territoriale) et Directeur adjoint. Il devient le premier sénégalais Directeur de la protection civile en juillet 1963. Par la suite, il quitte le ministère de l’Intérieur que dirigeait Abdoulaye Fofana pour rejoindre le ministère de l’Enseignement technique, Professionnel et de la Formation des cadres et devint Directeur de cabinet sous le ministre Emile Badiane. Il fut par la suite affecté au ministère des Finances que dirigeait le fameux Jean Collin comme adjoint au Directeur du Mouvement général des fonds pour répondre à son ambition de se reconvertir à l’Economie et aux Finances.

Côté politique, Famara Ibrahima Sagna a toujours été une personne de conciliation. C’est en janvier 1984 à la demande du secrétaire général de l’époque, le Président Abdou Diouf, qu’il devient membre du Parti socialiste. A la même époque à l’issue du congrès extraordinaire, il devint secrétaire national du Bureau politique du Ps chargé des Affaires économiques et Président de la Commission des affaires économiques et financières du Comité central du parti. Nommé ministre de l’Intérieur en 1990, il démissionna du Ps pour pouvoir tenir la balance égale entre toutes les formations politiques du pays. Il organisa d’ailleurs la réconciliation nationale grâce à cette démission portée à la connaissance des partis et de l’opinion. Le dialogue fructueux avec l’opposition et la réconciliation aboutissent à la formation d’un Gouvernement de majorité présidentielle le 7 avril 1991. Il devint  ministre de l’Economie, des Finances et du Plan ce 7 avril 1991. Par la suite, tenant compte de certaines difficultés relationnelles entre lui et le Premier ministre Habib Thiam, Famara Ibrahima Sagna adressa une lettre au président de la République, le 30 novembre 1992 pour faire connaître sa décision d’arrêter sa participation au gouvernement si, en cas de victoire du Président Diouf aux élections de 1993, le Premier ministre en place devrait être maintenu. Après ces élections présidentielle et législatives de 1993, le Président Diouf décida, en effet, de maintenir son Pm. A son tour, l’actuel président du Dialogue national n’hésita pas une seconde à quitter le gouvernement pour «convenances personnelles». Mais des négociations amicales entre le Président Diouf et son ex-ministre des Finances aboutirent à une proposition de nomination comme Président du Conseil économique et social. Ce qu’il accepta. Il fut nommé Président du Conseil économique et social le 2 juin 1993 et devient ainsi le 4ème personnage de l’Etat. Depuis 1990, il convient de rappeler que Famara Ibrahima Sagna n’appartient à aucun parti politique.

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