Fermeture des mosquées: Les fidèles divisés

Jalaba blanc, chapelet à la main droite, Mounirou Sow, rencontré à côté de la mosquée des Hlm Grand-Yoff n’est pas en phase avec l’interdiction des prières collectives à la mosquée. «Je ne suis pas d’accord. Les mosquées sont des maisons de Dieu, personne n’a le droit de les fermer. En tant que musulman, je n’approuve pas cette décision. C’est à cause du coronavirus, mais notre pays n’est pas menacé à tel point qu’on ferme aux fidèles musulmans les mosquées. Je ne sais pas qui a conseillé aux imams de le faire mais cela va à l’encontre de la religion musulmane. D’ailleurs, ils le savent très bien», peste-t-il. Un avis partagé par ce vieux du nom de El Hadji Ousseynou Sène qui pense que les solutions doivent être élaborées ensemble autour d’une table, plutôt que d’être prises unilatéralement sur le dos des fidèles musulmans. Pour lui, il n’est pas bien de décréter à la va vite la fermeture des mosquées dans un pays où la majorité des populations est musulmane. Mieux il soutient que les prières rituelles devraient être même épargnées par ce qu’il considère comme une décision «impopulaire». «La prière du vendredi, je peux comprendre. Mais, aller jusqu’à fermer complètement les mosquées c’est inadmissible. Je défie quiconque, aujourd’hui, il n’y a presque pas une mosquée où vous trouverez plus de 15 personnes lors des prières rituelles. La journée presque tous les fidèles sont dans leurs lieux de travail ce qui fait que les mosquées ne drainent pas de monde. On ne peut pas appeler cela rassemblement. Nous avons dans notre quartier une grande mosquée, mais je vous dis que je passe toute la journée presque là-bas parce que je suis un vieux retraité, mais on ne fait même pas 15 personnes pendant les prières du jour», déclare le vieux Ousseynou Sène. Ce dernier se dit écœuré qu’au moment où notre pays doit redoubler de prières face à une maladie, l’on se retrouve à fermer des mosquées.
Contacté par WalfQuotidien un imam d’une mosquée d’un autre quartier, célèbre prêcheur dans une télévision de la place et membre de l’Association des Imams et Oulémas du Sénégal qui a requis l’anonymat révèle que la décision n’a pas fait l’unanimité au sein de leur association. «C’est une question qui a été même contestée dans notre association. Mais elle est très sensible. Je préfère ne pas aller trop loin sur cette décision», confie-t-il au bout du fil.
WALF

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