Fonctionnaires du Chiffre : payés pour se taire

C’est probablement le seul corps de métier au Sénégal qui a une prime spéciale mensuelle de discrétion professionnelle permanente et définitive, même à la retraite. Regroupés dans un cadre unique composé de trois corps: le corps des cryptologues, le corps des ingénieurs du chiffre et le corps des chiffreurs, les fonctionnaires du chiffre assurent la sécurité des communications gouvernementales intérieures et extérieures. Ils sont payés pour se taire.
Contrairement à l’armée et certains corps de fonctionnaires où le devoir de réserve s’arrête souvent avec la retraite, chez les chiffreurs, l’obligation de réserve et de discrétion c’est pour toute la vie. On pourrait même dire que «l’obligation de discrétion professionnelle permanente et définitive» est le crédo de ce corps qui brille par sa discrétion et qui est presque inconnu de la grande majorité des Sénégalais. L’Assemblée nationale a adopté, en sa séance du vendredi 20 juin 2014, le projet de loi n° 2014-24 du 1er juillet 2014 abrogeant et remplaçant certaines dispositions de la loi n° 83-03 du 28 janvier 1983 portant statut spécial du personnel du Chiffre. Dans l’exposé des motifs, il est écrit: «En outre, il importe de rappeler qu’aux termes de l’article 4 de cette loi, les fonctionnaires du chiffre restent soumis à l’obligation de discrétion professionnelle permanente et définitive». Puis il ajoute : «A cet effet, ils prêtent serment de bien et fidèlement remplir leurs fonctions et de ne pas révéler, même après avoir quitté leur service, les secrets dont ils ont eu connaissance dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice desdites fonctions. Par conséquent, il serait nécessaire de leur allouer une prime spéciale mensuelle de discrétion professionnelle permanente et définitive dont le montant sera fixé par décret».
Dans l’exposé des motifs, le gouvernement souligne que le Service du Chiffre n’a cessé de s’affirmer en tant que cellule administrative, indispensable à la sécurité des communications gouvernementales intérieures et extérieures. Le gouvernement reconnaît que les cryptologues assurent de «façon optimale» la sécurité des systèmes d’information nationaux.
Les fonctionnaires du chiffre sont groupés dans un cadre unique composé de trois corps: le corps des cryptologues, le corps des ingénieurs du Chiffre et le corps des chiffreurs. Les cryptologues, des ingénieurs des travaux du Chiffre et des chiffreurs de la hiérarchie A1, sont recrutés au niveau des docteurs ès-sciences mathématiques, physique ou informatique) et par concours direct (Master en mathématiques, en physique ou en informatique) ;
La substitution au corps des ingénieurs des travaux du Chiffre (hiérarchie B1) et le corps des ingénieurs du Chiffre (hiérarchie A3) sont recrutés parmi les candidats titulaires de la Licence ès-sciences mathématiques, physique ou informatique et suivent une formation de treize mois d’un niveau plus élevé. Enfin, pour la substitution au corps des chiffreurs (hérarchie B4) et le corps des chiffreurs (hiérarchie B3), sont recrutés parmi les candidats titulaires du Baccalauréat scientifique et suivent une formation de treize mois d’un niveau plus élevé. Ils sont titulaires du Brevet d’études cryptologiques supérieures du Service central des Chiffres sénégalais ou du Certificat d’études cryptographiques supérieures du Service central des Chiffres sénégalais ou encore du Certificat d’études cryptographiques du Service central des Chiffres sénégalais.
Mais conformément à l’article de cette loi, c’est le président de la République qui nomme aux grades ou emplois des corps des cryptologues et des ingénieurs du Chiffre. Il peut déléguer le pouvoir de nomination aux grades ou emplois du corps des Chiffreurs.
Corps muet, mais gâté
Les fonctionnaires du chiffre ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant : le traitement, l’indemnité de résidence, les suppléments pour charge de famille et des indemnités et primes destinées à compenser les sujétions générales inhérentes au chiffre dont les taux et modalités fixés par décret.

(Walf)

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