Khalifa Sall : Malin, mais sensible

Moi Khalifa, je ne laisserais plus le dispensateur de grâce me tenter dans sa logique macabre des questions-réponses. Il ne s’en sert, sous le couvert d’une guerre médiatico-juridique, que pour asseoir les bases légales d’une démarche cynique dans l’exercice des pouvoirs qui lui sont conférés. Il lui a tout pris. Néanmoins, il dira ou fera dire à qui veut l’entendre : « Khalifa Sall doit s’estimer heureux d’avoir retrouvé la liberté. C’est déjà ça. »

Et moi, pour ne pas lui parler, pour pas le tenter, je ferais tout sauf le suivre dans ses petits calculs de boutiquier. Je ne lui ferai pas la tête. Il utilisera une telle attitude contre moi, ne serait-ce que pour canaliser toute mon énergie dans de vaines tentatives de le démasquer devant l’opinion. Ce sera, comme déjà expérimenté, enchère et surenchère de paroles et de représentations sans cesse renouvelées. A la fin, il s’en sortira gagnant, comme toujours, parce que plus fort des pouvoirs trafiqués de président de la république.

Moi Khalifa, je ne l’ignorerais pas, je parlerais de lui de la manière la plus décontractée possible tout en ignorant tout acte de lui destiné à susciter de moi un mouvement de reflexe. De cette manière, il se perdra, il s’embourbera, faute de riposte, faute de récepteur. Le faible est très dangereux quand il s’empare de la force de son adversaire, pris de pudeur et de valeurs dont lui, cynique comme tout, n’en a cure.

On l’aura compris. Le tendon d’Achille des manipulateurs, c’est que leurs succès, dressage et maniement, sont fonction des efforts d’adaptation de leurs cibles, de leur réactivité affective. Pas de joueur, pas de jeu. Moi Khalifa, mon principal défi serait de dérouler en toute indépendance un calendrier dont le but exclusif sera de rassurer et de séduire mes concitoyens. Je ne m’empêtrai pas, sur la défensive, dans de laborieuses gymnastiques justificatives.

Il lui sera beaucoup plus aisé et productif de se servir des circonstances de son emmackyarage, habile mise en quarantaine des récalcitrants sous Mister Sall, pour faire remarquer la nécessité d’un meilleur encadrement dans la gestion des deniers publics. La nuance vaut son pesant d’or.

Moi Khalifa Sall, je ne ferais surtout pas office de victime. Voici une posture qui, tout au plus, n’engendre que de la compassion. L’objectif doit être beaucoup plus ambitieux. Il s’agira de convaincre que de la gestion des ressources, il y a mieux à faire que par le passé. Ainsi, les salissures ne résisteront pas à l’intensité du discours émancipateur. Dorénavant, il ne faudra laisser de place qu’à l’avènement du progrès.

Birame Waltako NDIAYE

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