La cataracte, cauchemar du troisième âge

Maladie du troisième âge, la cataracte constitue un grand problème pour les personnes âgées. Entre chutes, prise en charge très lourde, longue liste d’attente, complications, cette pathologie précipite la mort de nombreuses vieilles personnes.

 La chirurgie de la cataracte est l’une des interventions chirurgicales les plus demandées en ce qui concerne les personnes âgées dans les centres de gériatrie. Selon Dr Seydina Limamou Mahdy Diagne, médecin spécialiste en gériatrie, nutrition et diabétologie au Centre médico-social de l’Institut de prévoyance retraite du Sénégal (Ipres) de Bel Air, rien qu’au niveau de leur institut, plus de 2 mille patients sont sur la liste d’attente que lui et ses collègues n’arrivent pas à solder. Ce, malgré tous les efforts qu’ils font au quotidien. La demande est forte parce que, dit-il, c’est une pathologie qui est très fréquente avec le vieillissement.

Pour le spécialiste, le vieillissement n’est pas une maladie mais quand un organe vieillit à un certain niveau, cela peut entraîner une maladie. Et si on ne traite pas la cataracte à temps elle peut entrainer des complications c’est-à-dire la perte de la vue. De son avis, même si on n’arrive pas au stade de cécité, le fait de ne pas bien voir son environnement pour une personne âgée qui est parfois fragile au niveau de la locomotion peut constituer un facteur de risque comme par exemple les chutes. Il affirme que leur principale crainte par rapport aux personnes âgées, ce sont surtout les chutes, parce qu’elles peuvent être source de fracture de la hanche, du col du fémur qui est l’une des fractures que les professionnels de santé craignent le plus chez les vieilles personnes. Parce qu’il y a encore malheureusement dans notre pays un taux de mortalité très élevé avec ces chutes. «Si nous n’arrivons pas à résorber ce gap, dites-vous bien que ces personnes sont à risque parce que pouvant faire des chutes à tout moment chez elles. Ces chutes limitent les déplacements de ces personnes âgées. Que ça soit à l’extérieur de la maison comme à l’intérieur. Et le fait de ne pas pouvoir se déplacer favorise la  sédentarité et est source de problèmes articulaires. Cela peut créer des troupes psychologiques au niveau de ces personnes. Parce que le fait de rester tout le temps entre quatre murs n’est pas souhaitable», déclare  Dr Seydina Limamou Mahdy Diagne. Il s’exprimait, hier, lors d’une campagne d’opération de cataracte.

Coût élevé

Le spécialiste affirme que l’intervention chirurgicale pour la cataracte coûte très cher au Sénégal. Dans le privé, la facture peut aller jusqu’à 1 million de F Cfa. Dans le public, les frais avoisinent les 200 mille F Cfa, sans compter les médicaments. Ce qui n’est pas à la portée d’un retraité sans pension ou dont la pension est dérisoire. Surtout s’il doit faire face à d’autres pathologies comme l’hypertension artérielle, le diabète, etc.

S’agissant du taux de prévalence, le gériatre soutient qu’il est difficile d’avancer des données. En tout état de cause, au niveau de leur institut qui accueille principalement des personnes âgées, 80 % des consultations sont liées à la cataracte. Et cette consultation refuse du monde. D’ailleurs il est arrivé à plusieurs reprises, indique-t-il, que la liste soit bloquée pendant plusieurs mois vu qu’ils n’arrivent pas à satisfaire le nombre de demandes de chirurgie de la cataracte.

Avec la Covid-19, la situation est devenue beaucoup plus compliquée parce qu’ils étaient obligés de diminuer le nombre de patients à prendre par jour du fait que ceux-ci sont à risques. Mais, aujourd’hui, le nombre de cas de Covid a baissé et les patients envahissent le centre. Mais en temps normal les consultations en ophtalmologie peuvent aller jusqu’à 100 patients par jour avec des rendez-vous très éloignés.

«C’est une pathologie très fréquente qui nécessite beaucoup de bras au niveau local. Mais aussi au niveau national pour essayer d’apporter du réconfort aux personnes âgées. La baisse de la vue est vécue comme un cauchemar ou une catastrophe pour les personnes âgées. Le taux de guérison peut être de 100 %. Il peut, cependant, y avoir des complications comme dans tout acte chirurgical. Mais, elles sont rares si le patient ne traine pas d’autres maladies graves. Parce que s’il y a un diabète, il faut qu’il soit équilibré. Les complications sont souvent infectieuses», prescrit-il.

«Nous avons constaté que le cataracte est une maladie qui a une grande ampleur au Sénégal. Et beaucoup de personnes âgées souffrent de cette pathologie. Il nous a été rapporté que les pays où il fait excessivement chaud sont un terreau fertile pour la maladie. Raison pour laquelle nous avons tenu cette campagne de chirurgie», ajoute Mouhamadou Lamine Sarr représentant de l’Ong islamique de l’Association pour la renaissance du patrimoine islamique (Arpieca).

WALF

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