La demande d’annulation de la dette, c’est l’arbre qui cache la forêt

Macky Sall et ses homologues, tous lobotomisés aux recettes des technocrates, répètent en chœur les litanies d’excuse et d’apitoiement en faveur de l’annulation de la dette. L’industrie mondialisée applaudit en catimini et les bailleurs de fonds racketteurs se renouvellent en désespoir de cause. Le plaidoyer pour l’annulation ainsi que l’espoir qu’il suscite constitue, contre toute attente, des mécanismes qui distillent la misère des damnés. Ils détournent de la prise de conscience des tares du système néolibéral et, surtout de la nécessité d’un soulèvement pour un affranchissement définitif au capitalisme sauvage.

Cette initiative est chargée de connivence avec le système économique mondial. Sous ce rapport, il procède d’une incohérence de réclamer un nouvel ordre économique et d’espérer en même temps de celui en cours qu’il signe son propre arrêt de mort. L’annulation de la dette est davantage dans l’intérêt des préteurs, de la Finance internationale que du tiers monde. Accordée ou pas, le débat que cela suscite ainsi que l’apparence d’un leadership temporisent. Ils diffèrent toute rébellion qui devait naitre de la crise actuelle. La crise renseigne sur la violence et cynisme des plus nantis et l’impuissance et le conditionnement des pays pauvres.

Et si l’Afrique, inébranlable, dit qu’elle ne paiera rien du tout ? Ce sera, là, un vrai coup de massue sur la bedaine de tout le système. Ceci entrainera en boucle son effondrement jusqu’au déclin, puis à l’apparition, par la force des choses, d’un nouvel ordre économique. Si tant est que l’objectif, après constat d’échec, c’est de changer les termes des rapports économiques internationaux, il n y a pas grand-chose à attendre des tenants et instigateurs du mal.

Le wedge politics est la stratégie de la division, de la distraction. Il consiste à lancer un débat sur des enjeux portant à controverse  pour polariser une population ou un groupe politique. Un débat est suscité en vue de déplacer le focus sur des sujets secondaires et des préoccupations non essentielles. Pour maintenir le système de dépendance et raffermir l’illusion de performance imminente et des possibilités de développement, les institutions financières de Bretton Woods, comme d’habitude, veulent nous faire croire qu’elles ont du cœur. En réalité, elles ne cherchent qu’à augmenter leur obésité morbide en mangeant comme d’habitude la part des plus faibles.

Birame Waltako NDIAYE

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One thought on “La demande d’annulation de la dette, c’est l’arbre qui cache la forêt

  1. Vous avez bien vu.L’annulation de la dette ne sert qu’aux pays prêteurs.Comment , notre pdt parle d’émergence et s’apitoie sur une dette?

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