Le sucre, « facteur de risque évitable de cancer »

Des travaux menés au sein de la cohorte NutriNet-Santé se sont intéressés aux liens entre la consommation de sucre et l’apparition du cancer, notamment du sein.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande de fixer l’apport en sucres libres à moins de 10% de la ration énergétique totale chez l’adulte et l’enfant. Il serait encore meilleur pour la santé de réduire l’apport en sucres à moins de 5% de la ration énergétique totale, soit à 25 grammes (6 cuillères à café) environ par jour.

Une équipe de chercheurs en épidémiologie nutritionnelle s’est intéressée à la consommation de sucres et le lien avec l’apparition du cancer. Comme le rapporte la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, des travaux menés au sein de la cohorte NutriNet-Santé consolident le faisceau de données qui incitent à limiter la consommation de sucres pour réduire le risque de cancers, notamment du sein.

Si le rôle d’un excès de sucre est avéré dans l’obésité, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires, certaines hypothèses expliquent le mécanisme d’action du sucre sur l’apparition des cancers. En effet, il pourrait agir en favorisant l’obésité ou en provoquant des mécanismes inflammatoires chroniques et une résistance à l’insuline. Pour répondre au manque d’information, l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle, dirigée par la Dr Mathilde Touvier, s’est penchée sur la consommation de sucres dans la cohorte constituée dans le cadre de l’étude Nutrinet-Santé. Cette cohorte inclut plus de 100 000 personnes toutes suivies pendant plusieurs années, elles ont accepté de fournir des informations sur leur santé et leurs “comportements” nutritionnels.

Les femmes pré-ménopausées davantage à risque

Par le passé, des résultats publiés en 2019 avaient déjà permis d’associer la consommation de boissons sucrées à un risque plus élevé de cancer du sein. Cette fois, cette étude s’est attachée à l’origine des sucres consommés (sucreries, fruits, boissons, produits laitiers, déserts lactés, céréales de petit déjeuner, biscuits et pâtisseries…) et à distinguer leur nature (fructose, glucose, sucrose…). “Après un suivi de médian de près de 6 ans et la survenue de plus de 2 500 cas de cancers, les résultats sont sans appel : la consommation globale de sucre est associée à un risque plus élevé de cancer. Une observation qui, selon les chercheurs, serait principalement dû aux cancers du sein, les autres localisations n’étant apparemment que peu ou pas affectées par la consommation de sucres”, résume la Fondation ARC.

La Fondation ARC rapporte que le risque était plus spécifiquement lié aux sucres ajoutés, aux sucres libres, au sucrose, aux sucres des boissons ou des produits laitiers. Enfin, les effets sur le risque de cancer du sein s’avéraient légèrement plus importants chez les femmes pré-ménopausées. Au regard de ces conclusions, les auteurs de cette étude estiment que la consommation de sucre doit désormais être considérée comme un facteur de risque évitable de cancer.

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