Locales : l’autre baromètre

L’autre baromètre des recalés du parrainage

Les Sénégalais sauront, avec les élections locales du mois de décembre prochain, si les candidats victimes du parrainage, sont vraiment représentatifs ou c’est le pouvoir qui les avait volontairement exclus de la course à la présidentielle du 24 février dernier.

Les vingt quatre candidats recalés par le parrainage et qui n’ont pas pu se peser au plan national, lors de l’élection présidentielle du 24 février dernier,  ont une seconde chance. Malick Gakou, Hadjibou Soumaré, Abdoul Mbaye, Boubacar Camara, Mansour Sy Djamil, Mamadou Lamine Diallo, Aïssata Tall Sall, etc auront la possibilité de connaître leur véritable poids électoral. En effet, les élections locales, qui sont prévues au début du mois de décembre prochain, seront un baromètre pour mesurer leur popularité. Et ces candidats victimes de la loi sur le parrainage, sauront, et les Sénégalais avec, s’ils sont vraiment représentatifs ou si c’est le pouvoir qui les avait volontairement bloqués pour qu’ils ne briguent pas le suffrage universel le 24 février dernier. Car, tous les candidats ou presque qui ont été recalés, ont contesté le Conseil constitutionnel qui a invalidé leur candidature pour insuffisances de signatures. En effet, après la publication de la liste des sept candidats, l’opposition réunie autour de la Conférence des leaders du Front de résistance nationale (Frn), le dimanche 30  décembre 2018, affirmait qu’elle n’accordait aucun crédit aux chiffres donnés par le Conseil constitutionnel et qu’elle les rejetait systématiquement quel que soit le résultat auquel ils ont pu conduire pour les candidats concernés. Selon elle, le logiciel adopté n’a jamais fait l’objet de restitution devant les candidats pour recueillir leurs observations et préoccupations. De plus, d’après elle, certains candidats ont été interdits d’accès à la salle de vérification et le Conseil n’a pas permis à certains représentants de poser des questions et à d’autres, il a fourni des réponses laconiques, incomplètes et donc insatisfaisantes sur les chiffres communiqués. «Enfin l’origine et la fiabilité des données utilisées n’ont fait l’objet d’aucune certification. Nous constatons en conséquence que le régime de Macky Sall est dans une stratégie d’élimination de ses adversaires à la présidentielle  selon la méthode en cascades», affirmaient les opposants recalés dans un communiqué.  Mais cette parenthèse de la présidentielle est maintenant derrière nous, les opposants unis ou en solitaire doivent maintenant prouver à l’opinion nationale qu’ils ont un électorat derrière eux et surtout qu’ils sont représentés sur l’ensemble des quarante cinq départements du pays. Ils doivent avoir des élus locaux dans tous les départements du Sénégal pour continuer à exister sur la scène politique. Car en dehors d’Aïssata Tall Sall du mouvement Osez l’avenir qui est à la tête de la mairie de Podor, aucun des 23 autres candidats recalés ne contrôle une collectivité locale. Les coalitions Taxawu Ndakaru de Khalifa Sall, le Pds de Karim Wade, le Pur d’Issa Sall, Rewmi d’Idrissa Seck et Pastef d’Ousmane Sonko ont toutes les chances de décrocher des élus locaux, lors de ce scrutin local de décembre prochain. En effet, à la tête du Conseil départemental, Idrissa Seck a de fortes chances de reprendre le contrôle des communes de son département. Candidat déjà déclaré à la mairie de Thiès, Talla Sylla n’a aucune chance de rempiler. Avec sa large victoire à Ziguinchor, lors de la présidentielle, Ousmane Sonko a pratiquement mis dans sa poche les communes et le Conseil départemental de la capitale du sud. Maire de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé est presque sûr de partir au lendemain des locales. 

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