Macky, l’hyper-présidentialisme accentué

En faisant passer sa volonté de supprimer la ville de Dakar, Macky Sall va «détrôner» Taxawu Ndakaru et briser les ambitions des Cissé Lô, Amadou Bâ, Abdoulaye Diouf Sarr et Cie de devenir un jour maire de Dakar. Ce qui va accentuer l’hyper-présidentialisme qu’il nous impose depuis sa reconduction.

Si l’Exécutif parvient à faire passer sa volonté de supprimer la ville de Dakar, le Président Sall aura là une belle occasion d’évincer Taxawu Ndakaru de Khalifa Sall qui depuis plus 10 ans tient les rênes de cette grande municipalité. Derrière cette idée de supprimer la ville de Dakar se trouvent des enjeux politiques énormes. Primo : Khalifa Sall et son équipe seront certes des perdants mais ils ne seront pas les seuls. Ils finiront par perdre certainement cette ville tant convoitée par le Président Macky Sall et ses partisans, mais le patron de l’Apr réussira également à freiner l’envol ou briser les ambitions de responsables de son parti qui lorgnaient la ville de Dakar. Ce qui est constant, c’est que Macky Sall va réussir son «coup» comme c’était le cas dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar impliquant le maire révoqué. Mais il va aussi briser les ambitions d’Amadou Bâ, dernier vainqueur d’une élection dans la capitale en tant que coordonnateur nationale de Benno, Abdoulaye Diouf Sarr, Moustapha Cissé Lô… dans leurs rêves de diriger la municipalité de Dakar. La bataille pour le contrôle de Dakar dans le parti au pouvoir a toujours prévalu sans jamais réussir à «détrôner» Khalifa Sall de son moelleux fauteuil de la mairie de Dakar. Qu’il s’agisse de Mimi Touré, Aboulaye Diouf Sarr, Moustapha Cissé Lô et tout dernièrement Mame Mbaye Niang, leurs ambitions pour la mairie de Dakar sont un secret de polichinelle.

Responsable de l’Apr des Parcelles assainies et ancien argentier de l’Etat, Amadou Bâ a été lancé dans la marre politique par Macky Sall pour le contrôle de Dakar et sa mairie. Et il avait fait tomber le mythe Khalifa Sall resté invaincu dans la capitale dakaroise depuis les élections locales de 2009, lorsqu’il a été porté à la tête de la ville de Dakar par la coalition Benno Siggil Senegaal. Cette forte implication de celui qui était devenu le nouveau patron de la chancellerie puis remplacé plus tard avait permis à la coalition de la mouvance présidentielle de venir à bout du maire de Dakar, tête de liste de la coalition Mankoo Taxawu Sénégal, et de rafler les sept sièges du département de Dakar. Cet exploit a eu le don de le propulser au-devant de la scène politique dakaroise. Mais aussi de renforcer sa légitimité politique de prétendre diriger l’Apr à Dakar au détriment de ses principaux challengers.

Il en est de même pour Moustapha Cissé Lô qui avait également dévoilé ses ambitions de diriger la mairie de Dakar. Battu et humilié par ses adversaires à Touba, il avait migré à Dakar pour se donner les chances d’atteindre son objectif de «détrôner» Khalifa Sall. Idem pour le ministre de la Santé et patron de la Convergence des cadres républicains et le chef de Cabinet du président de la République, respectivement Abdoulaye Diouf Sarr et Mame Mbaye Niang qui «rêvent» de présider aux destinées de la ville de Dakar dont la volonté de sa suppression a été clairement exprimée par le ministre des Collectivités territoriales, du Développement et de l’Aménagement des territoires, Oumar Guèye.

Si cette volonté de l’Exécutif passe conjuguée à l’émiettement des différentes forces de l’opposition, on va assister à une accentuation de l’hyper-présidentialisme induite par la suppression du poste de Premeir ministre en 2019. Lequel fait que c’est le Président Macky Sall qui décide de tout, sur tout et pour tous. Même de nommer par décret le premier édile de Dakar.

En réaction à cette volonté des autorités de supprimer la ville de Dakar, la société civile via le Coordonnateur du Forum civil dira que «L’acte républicain attendu du président de la République est la fixation de la date des élections territoriales en 2021». «Cette déconstruction politicienne continue de la démocratie et la confiscation irrespectueuse de la souveraineté du peuple sont des manœuvres inacceptables dans un état de droit», a fait savoir Birahime Seck dans une note rendue publique.  Les territoires, a-t-il ajouté, «doivent être administrés par des conseils légitimement élus par les populations».

WALF

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