Macky Sall sous le visage d’un ange

Manifestement, le président de la République Macky Sall ne lésine pas sur les moyens ces temps-ci pour casser l’étiquette trop rigide dont il fait visiblement montre dans sa gestion du pays. Entre une séduction à grande échelle à travers une balade dans les rues de Dakar, la sortie médiatique de la Première Dame et les escarmouches avec l’opposition et la société civile, le paradoxe des deux visages du chef de l’Etat

«Sous le Visage d’un Ange». Ce roman est sous les feux des projecteurs avec la disparition de son auteur Diary Sow qui continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Toutefois, ce titre de l’énigmatique romancière qui a donné une autre envergure à son œuvre avec son départ volontaire de Louis Le Grand sied aussi à la personnalité paradoxale du Président Macky Sall, et pour cause. Après l’avoir éloignée durant 8 ans des médias, Macky Sall a accepté comme par magie que la Première Dame Marième Faye Sall soit interviewée. Et de quelle manière ! Sobriété, spontanéité, décor, tout a été réglé pour que cette sortie éclair de l’épouse du chef de l’Etat soit la plus ‘’banale’’ possible. D’autant que dans son discours, Marième Faye Sall s’est évertuée à faire savoir aux Sénégalais que son statut ne l’empêche d’être comme toutes les autres femmes du pays.

Refusant toute la solennité qui entoure le fait d’être la femme du président de la République, elle affirme vouloir vaquer à ses occupations et faire du shopping comme toutes les Sénégalaises. Et cerise sur le gâteau, elle lâche la phrase qui tue et qui a fait le tour des réseaux sociaux : ‘’Macky me perturbe.‘’ Cet exercice qu’elle a manifestement réussi entre dans le cadre d’une envie pour le président de la République de briser une mine glaciale. L’on se souvient qu’il y a quelques semaines, il s’était offert une balade dans les rues de Dakar avec sa fille. Sans conteste, il veut se montrer plus sympathique, plus poétique que la réalité et la rigueur qu’imposent ses fonctions présidentielles.

MOINS GLAMOUR EN POLITIQUE

Seulement, cette attitude digne des films romantiques tranche d’avec l’autoritarisme qui lui est reproché par ses adversaires concernant la gestion politique du pays jugée trop écrasante. Vrai ou faux ? Force est de constater en tout cas que le président Macky Sall gère son rapport avec l’opposition et la société civile de manière très froide. Il avait dit il y a quelques années qu’il allait les réduire à leur plus simple expression. Et visiblement, il a passé ces dernières années à dérouler son plan. Karim Wade, Khalifa Sall, Thierno Bocoum, Guy Marius Sagna, Dr Babacar Diop, Bara Gaye, les membres du mouvement Y en a marre, le journaliste Adama Gaye et beaucoup d’autres activistes ont eu maille à partir avec la justice pour avoir critiqué le président de la République ou pour des affaires de détournements aux relents politiciens, selon certains analystes. A cela s’ajoute la radiation du président du PASTEF Ousmane Sonko.

Apparemment, le chef de l’Etat ne veut laisser aucune marge de manœuvres à ses détracteurs. L’arrestation du président d’Horizons sans Frontières est perçue par les commentateurs politiques comme une tentative de museler un membre de la société civile qui en sait un peu trop sur l’émigration. Il y va aussi de l’utilisation à outrance de l’article 80 pour emprisonner certaines activistes et hommes politiques Un paradoxe ainsi dans la personnalité du président de la République.

Rappelons aussi qu’il s’est séparé ces derniers mois de plusieurs de ses collaborateurs qui ont eu l’outrecuidance de passer outre les directives de leur chef et de se prononcer sur une troisième candidature encore floue chez bon nombre de sénégalais. Ainsi, autant il séduit certains à tort ou à raison grâce à son supposé discours mesuré, et que beaucoup de ses partisans et certains sénégalais trouvent qu’il est moins grandiloquent que son prédécesseur, autant il est critiqué le plus souvent pour sa propension à sortir très facilement sa glaive pour écarter des adversaires trop gênants. Et sur ce plan, il faut dire qu’il est moins progressiste démocratiquement que Me Abdoulaye Wade.

L’As

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