Canal 221

Marché/Korité : Le corona grippe les comptoirs

Les Sénégalais s’apprêtent à fêter la Korité durant le week-end. Ce, dans un contexte de crise sanitaire. Laquelle a impacté la vie sociale et économique. Un tour aux marchés Sandaga, Colobane, Hlm permet de tâter l’ambiance dans les magasins, ateliers de couture et chez les vendeurs de tissu.
Sandaga est presque vide. Les entrées de cantine ne refusent pas du monde. «Le marché est vide», partage une cliente, croisée dans une boutique à l’entrée du célèbre marché de la capitale, en compagnie de son fils. Elle est venue faire les emplettes pour les enfants. On le sait, au Sénégal, la Korité a aussi la réputation d’être la fête des plus petits. Selon notre interlocutrice, le prix des tissus pour la célébration est quand même cher. Mais, pour le marchand, les prix sont revus à la baisse à cause du contexte et de la rareté des clients. Le vendeur n’espère pas trop voir la situation changer à moins de trois jours de la Korité.
Le marchand a d’autant raison de ne pas trop espérer que les ateliers de tailleurs qui roulent à temps plein sont déjà trop occupés pour recevoir d’autres clients. Ce qui veut dire que bon nombre de Dakarois font leurs achats de tissus plus tôt pour pouvoir être à temps chez le tailleur. Autrement dit, il y a peu de chance de recevoir des acheteurs de tissus destinés à la couture.
Contrainte de temps oblige, ils seront nombreux à ruer vers le prêt-à-porter. Interpellé, par ailleurs, sur les modèles en vogue pour la Korité 2020, l’enthousiasme ne se lit pas sur les visages. Le coronavirus a, semble-t-il, sapé l’esprit de fête avant l’heure. Mais, renseigne-t-on, chaque mois, il y a un modèle qui arrive dans le marché. Qui, de visu, ne manque pas de tissus, mais de clients. En réalité, on pouvait parier la rupture de tissus en cette période de crise, mais loin de là. Les boutiques sont bien garnies. Les marchandises circulent bien. Les clients sont ceux qui se font désirer. Pour notre achalander, les tissus sont restés en stocks considérable parce que ça n’a pas été la grande ruée.
Marchés bien garnis en mal de clientèle
Dans un autre magasin, on ne se frotte pas les mains. Le magasinier, trouvé couché sur les étoffes, se souvient encore de l’enthousiasme qui animait l’espace qui grouillait de monde. Devant le seuil, les étals se disputaient la clientèle. Mais cette année, c’est le vide et le calme plat devant les cantines, impactés par les interdictions et mesures de confinement dans les marchés.
Ce ne sont pas seulement les vendeurs de tissus d’habits qui se tournent les pouces. C’est la même galère chez les tailleurs. Dans un atelier à l’entrée de Sandaga, règne un calme plat. Pas de cliquetis, de coups de ciseaux, ni de pédalages bruyants encore moins de monde. Selon les occupants de l’atelier, ceux qui devaient passer commande sont restés confinés dans les régions. En effet, les mesures de l’Etat d’urgence ont limité les déplacements.
La crise est perceptible dans les marchés. La tête bercée dans la paume dans une attitude pensive, des commerçants ne lâchent pas la calculette dans les magasins où les clients se font désirer. Les prêt-à-porter, en couleurs diverses, emplissent les vitrines. Mais ca ne grouille pas devant les boutiques, hormis quelques clients. Dans une échoppe, située sur l’axe Colobane-Hlm, on incrimine le tapage médiatique et la psychose qu’il a suscitée chez les clients. Sans oublier le fait que le «restez chez vous» fait que beaucoup sont au chômage. En effet, beaucoup de Dakarois ont été contraints de s’auto-confiner, leur lieu de travail étant provisoirement fermé. Ce qui veut dire, d’après nos interlocuteurs, qu’il n’y aura pas beaucoup d’argent pour faire de coûteux shopping. Mais cela est à relativiser, car les Dakarois n’ont pas dit leur dernier mot. Fêtards, ils peuvent, à tout moment, envahir le marché et dépenser sans compter.
WALF

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *