Me Abdoulaye Wade : «Je retiendrai surtout de Dansokho…»

L’ancien président, Abdoulaye Wade a fait un témoignage poignant sur Amath Dansokho. Dans un communiqué, le patron du Parti démocratique sénégalais (Pds) pleure un grand révolutionnaire, un grand militant, un grand patriote, «voilà ce que le Sénégal, l’Afrique retiendront de Amath Dansokho, ancien Ministre d’Etat, figure emblématique de la Gauche sénégalaise rappelé à Dieu le 23 Août 2019 ».
Selon Me Wade, l’ex-secrétaire général du Parti pour l’indépendance et le travail (Pit) a incontestablement défendu les intérêts du Sénégal, même s’ils n’avaient pas les mêmes convictions politiques. A l’en croire, toute sa vie durant, Dansokho aura été de tous les combats pour promouvoir la justice sociale et l’épanouissement du peuple sénégalais. Il est de cette race d’homme dont l’action reste incontestablement inscrite dans les annales de l’histoire politique du Sénégal, tant son engagement pour le triomphe des causes populaires était ardent. «Je retiendrai surtout de lui le courage des idées mais aussi son désintéressement », confie Me Wade.
«Nous avons partagé les moments les plus durs de lutte acharnée qui a abouti à la première alternance au Sénégal et m’a porté à la tête de l’Etat, en 2000. Les marxistes du Sénégal, Majhemout Diop, Landing Savané, Amath Dansokho, Abdoulaye Bathily, pour ne citer que les plus connus, à travers une coopération mouvementée, ont largement contribué au prix qu’il nous a fallu payer, ensemble, pour mon accession au pouvoir. Au temps de l’opposition dure qui a amené nombre d’entre nous en prison, je garde toujours l’image, tant de fois enregistrée par mes yeux, de Dansokho assis à côté de moi, face à l’enquêteur de police qui n’était jamais le même, son éternelle couverture (mbajj) sur ses genoux et sa bouteille d’eau à la main, qu’il ne quittait jamais, même si d’aventure il lui arrivait d’être libre, tant était grande la probabilité qu’il fût de nouveau convoqué, déféré et envoyé à Rebeuss», déclare-t-il.
D’après lui, malgré les vicissitudes de la politique, leurs rapports ont toujours été empreints d’affection mutuelle.
«Ne disait-il pas dans une interview accordée en 2010 au défunt quotidien Walf Grand Place : «j’aime Abdoulaye Wade c’est plus fort que moi. S’il arrive un malheur à Karim, je porte plainte contre Wade». C’est dire la profondeur de nos relations et son affection pour Karim. Amath Dansokho s’en est allé, doucement sur ses petits pas, en se disant, sans doute sans regrets, adieu à l’idée de dictature du prolétariat où l’avait porté sa grande générosité et celle de solidarité avec la classe ouvrière», indique-t-il.

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