Non-respect des mesures Anti-Covid : La responsabilité en débat

Les politiques n’émettent pas sur la même longueur d’ondes concernant le relâchement noté sur le respect des mesures sanitaires. Et c’est sur les réseaux qu’opposition et pouvoir ont décidé de solder leurs comptes. Si les membres de la Majorité estiment que les populations sont entièrement responsables de la situation actuelle de la maladie dans notre pays, ceux de l’opposition mettent tout à l’actif de Macky Sall et de son gouvernement. Et c’est Abdoul Mbaye qui a ouvert les hostilités sur sa page Twitter.  «Les insuffisances du plateau technique sénégalais étaient connues. Le personnel soignant a fait preuve de vaillance. L’Etat a livré les Sénégalais à eux-mêmes. La communication appelant aux gestes qui sauvent a failli. Il n’est jamais tard de corriger», écrit le leader de l’Alliance pour la citoyenneté et le travail (Act). Moustapha Diakhaté, président de «Manko Taxawu sunu Apr» qui ne rate jamais une occasion pour tirer à boulets rouges sur le gouvernement saisit la balle au rebond pour asséner ses coups. «L’Etat peut distribuer gratuitement 17 millions de préservatifs non obligatoires mais pas suffisamment de masques de protection contre la Covid-19», martèle l’ex-président du Groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar (Bby) sur sa page Facebook.

Loin de partager leurs positions, Souleymane Jules Diop ambassadeur, représentant permanent du Sénégal à l’Unesco, à Paris, écrit que quand l’Etat, pour faire appliquer les mesures de confinement, a décrété un couvre-feu, des jeunes se sont rebellés et «nous avons vu des mouvements de révolte avec des attaques contre les force de l’ordre». Mieux, disserte l’ancien patron de la communication présidentielle, quand l’Etat a restreint la liberté de circulation pour circonscrire le périmètre de propagation du virus, des citoyens se sont livrés à «un trafic d’un autre genre, pour se déplacer impunément en essayant d’échapper à la vue des gendarmes. Quand l’Etat a demandé la fermeture des lieux de prière pour faire respecter les mesures et protéger les plus vulnérables, des populations se sont levées, parfois sous l’instigation d’activistes fanatisés, pour exiger leur ouverture. Enfin quand le ministre de la Santé a fait valoir les risques de contamination en demandant aux populations d’éviter les déplacements pendant la Tabaski, des prêcheurs, imbus d’on ne sait quelle science, se sont opposés à cette décision en la combattant et en la dénonçant, faisant appel à leur foi en Dieu», énumère Souleymane Jules Diop sur sa page Facebook.

Pour ce dernier c’est collectivement que «nous portons la responsabilité de ce qui nous arrive». Car, selon lui, l’Etat a fait tout ce qu’il avait à faire et qui relève de ses missions régaliennes. «Nous lui avons opposé notre liberté de culte, notre liberté de mouvement. Des innocents sont en train de mourir, contaminés par des inconscients. Les statistiques sont immuables : à partir de 70 ans, 9 personnes atteintes sur 10 meurent du Coronavirus. Quel que soit leur pays, leur région et quel que soit leur Dieu», s’indigne-t-il.

     WALF

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