Oui, le sexe après un cancer du sein peut être douloureux, brisons le tabou

Près de la moitié des femmes ayant eu un cancer du sein rencontrent des difficultés dans leur vie sexuelle, mais beaucoup sont trop gênées pour demander de l’aide.

Voilà les résultats d’une récente enquête de l’organisme Breast Cancer Now, selon laquelle plus de 150.000 Britanniques connaissent des troubles sexuels, dont des problèmes de sécheresse vaginale, des douleurs et une perte de libido suite au traitement de leur cancer du sein.

34% des femmes n’ont pas osé demander de l’aide

Un tiers des femmes concernées (34%) déclarent ne pas avoir osé demander l’aide de leur équipe soignante ou de leur généraliste. Plus de la moitié (54%) avaient trop honte pour le faire. Parmi les autres raisons données, on retrouve la peur de faire perdre leur temps aux professionnels (45%), la honte de soulever un problème trop insignifiant (48%), l’absence de personnes vers lesquelles se tourner (40%) ou l’inquiétude de voir la question hâtivement balayée (29%).

Ces résultats tombent pile pour le lancement d’un nouveau partenariat visant à ouvrir le débat sur le sexe et l’intimité chez les patientes de cancer du sein.

Keeley Russell, 42 ans, vit dans le Hertfordshire, au nord de Londres. Elle dit s’être sentie “trop mal à l’aise” pour demander de l’aide pour les problèmes qu’elle a rencontrés à la suite de son traitement pour un cancer du sein en 2018, traitement qui comprenait l’ablation d’une tumeur mammaire, chimiothérapie, radiothérapie et hormonothérapie.

“J’ai fini par envoyer un mail à mon généraliste”

“Dès que j’ai commencé la chimiothérapie, les rapports sexuels sont devenus incroyablement douloureux et ma libido a plus ou moins disparu”, se souvient-elle. “Mais c’est un sujet tellement tabou que je n’osais pas en parler avec mon généraliste, alors que j’en avais grand besoin. J’ai fini par lui envoyer un email à ce sujet, ce qui était tout aussi affreusement gênant.”

Une autre patiente, qui souhaite conserver l’anonymat, raconte au HuffPost britannique qu’elle a peu à peu repris une activité sexuelle après son cancer du sein.

Moins de rapports spontanés

“J’ai ré-apprivoisé ma sexualité en discutant avec d’autres patientes sur Twitter. Il est indispensable d’être bien équipée: dans mon cas, un petit vibromasseur et des dilatateurs vaginaux, associés à des ovules d’œstrogène et un bon lubrifiant”, explique-t-elle.

“Certes, ça veut dire que les rapports ne sont jamais spontanés -adieu le petit coup rapide- mais ils sont possibles. Ça signifie aussi que c’est souvent moi qui propose un rapport, puisque mon mari a parfois peur de me faire mal si c’est lui qui le suggère.”

Le cancer du sein demeure le cancer le plus courant au Royaume-Uni. Il touche près de 55.000 femmes et 370 hommes chaque année dans ce pays. Cet article a été rédigé dans le cadre d’un partenariat entre Le HuffPost UK et l’organisme Breast Cancer Now. Il vise à sensibiliser le public aux conséquences des effets secondaires d’un traitement sur le bien-être sexuel, et à encourager le débat.

Huffingtonpost

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