Oustaz Assane Diouf, islamologue : «Le Burd est le poème le plus célèbre de tous ceux qui ont été écrits sur le prophète Mouhamed (Psl)»

La Tidianya au Sénégal, dans toute sa diversité, s’est lancée, depuis hier, dans des séances de récital de poèmes dénommées Burd, en prélude à la célébration de la naissance du prophète Mouhamed (PSL), prévue ce samedi 09 novembre 2019. Ces cérémonies de 10 jours seront des occasions, pour les différentes branches de la Tidianya d’invoquer des prières à l’endroit du Prophète Mouhamed (Psl). Oustaz Assane Diouf revient sur la signification, le sens et la portée du Burd. Selon lui, ce terme arabe dont la signification peut être assimilée à un manteau, est une Ode (poème) écrit par l’Imam Hal-Boussayri, un algérien. De son nom complet Abou-Abdallah Mouhammed Ibn Said Al-Boussayri, il vécut au 7e siècle de l’hégire (1211-1294). «Bousayri était gravement malade au point de perdre une partie de ses membres suite à une paralysie. Alité, il décida d’invoquer les louanges d’Allah pour sa guérison. C’est ainsi qu’il écrivit ce poème pour implorer les bienfaits de Dieu, par le biais du Coran. Après l’écriture, Dieu lui apparait sous forme de rêve. Le lendemain, il guérit. C’est ainsi qu’il décida de le perpétuer», rappelle le directeur des programmes de Walf-Tv et Fm. Avant de préciser que ce n’est pas le seul poème écrit sur le prophète (Psl) par ce dernier.

D’après Outaz Assane Diouf, nos ancêtres, à savoir, la génération d’Elhadji Malick Sy, malgré la multiplicité des écrits sur le Prophète, décidèrent de perpétuer ce poème, en le récitant pendant 10 jours, en prélude à la célébration de sa naissance. «C’est le poème le plus célèbre de tous ceux qui ont été écrits sur le prophète Mouhamed (Psl). La branche (tarikha) Tidianya nous vient de l’Algérie dont le fondateur est Cheikh Ahmed Tidiane Chérif. Elle est passée d’abord par la Mauritanie avant de faire son apogée au Sénégal. C’est avec la génération d’Elhadij Malick Sy qu’est apparue le Burd au Sénégal. Elhadji Abdoulaye Niass (père de Baye Niass) et lui sont parmi les initiateurs», laisse-t-il entendre. Avant d’ajouter : «Elhadji Malick Sy a beaucoup contribué à l’amélioration du Burd. Il a laissé des poèmes qui approfondissent le poème. Mame Khalifa Niass aussi a laissé des écrits sur le burd. C’est un art». À l’en croire toujours, le Burd qui est composé de 12 chapitres, est une sorte d’éloges sur le comportement du Prophète, ses enseignements, etc.

Signification, sens et portée
Quand Elhadji Malick Sy, décida de célébrer le Gamou, en 1902. Il suivit les pas de l’Imam Boussayri, en initiant le burd (panégyrique sur le Prophète (Psl) qu’il entama dès l’apparition de la lune, pendant dix jours successifs, un chapitre par nuit, en tant que moyen d’éducation au modèle prophétique. «Comme les avis divergent sur la date de naissance du Prophète, dont la majorité estime que c’est le 12ème jour du mois lunaire de Maouloud, plutôt que le 9ème ou 10ème, Elhadji Malck Sy, pour éviter de rater le jour exact, a occupé les 10 premiers jours du mois par le burd afin de laisser dans le cœur des Sénégalais l’importance de la Nuit bénie du Prophète Mouhamed (Psl). Ainsi chaque nuit, les fidèles se retrouvent pour lire un passage du Burd et louer le Prophète (PSL), ils se reposent le 11ème jour et célèbrent l’anniversaire le 12ème jour», fait savoir Oustaz Assane Diouf.

Selon lui, la tenue du Burd était l’occasion pour Elhadji Malick Sy de réunir tous ses Moukhadams (nom donné aux disciples élevés au rang de Cheikh chez les Tidianes) à Tivaouane, pour débattre des sujets d’actualités ou religieux avec eux et pour évaluer l’état d’avancement des missions qu’il leur a été confiées. «Seydi El Hadj Malick a laissé des écrits qui peuvent servir de référence RIyy az- Zamân fî mawlid sayyid banî Adnân (Biographie du prophète plus connue sous le titre de Nûniya) et Khilâs ad-zahab fî sîrat khayr al- Arab (Biographie du prophète, plus connue sous le titre de Mimiya), pour ne citer que ceux-ci», explique-t-il.

Selon lui, de l’autre côté, à Kaolack, Elhdji Abdoulaye Niass faisait la même chose, mais chacun avait sa façon de faire son burd, même si à Médina Baye, on parlait de Maouloud. Seulement, dit-il, la famille Niassène y associe quelques écrits de Baye Niass. «On a assisté à une évolution rapide qui a abouti à des décentralisations des Gamou. Ainsi, certains sont autorisés à le célébrer la nuit en même tant que Tivaouane et d’autres la semaine suivante. Ils prennent souvent les écrits de Baye Niass», laisse entendre Assane Diouf. «Le décalage d’un jour entre la fin du burd et la célébration du Gamou n’est qu’une technique permettant aux fidèles de se reposer. Ce n’est pas une obligation. Parce que c’est difficile de rester 11 jours sans dormir et vouloir enchainer encore. Certains démarrent leur burd le surlendemain de l’apparition du croissant lunaire. Ils adoptent un autre rythme en couplant les chapitres. Au lieu de réciter une par nuit, ils font deux chapitres. Ce sont des calculs», dit-il.

WALF

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