Plus de 200 malades dans le couloir de la mort

Les malades du cancer ne sont pas au bout de leur peine. En plus d’être trimballés d’une structure sanitaire à une autre à cause des pannes récurrentes d’appareils radiothérapie, plus de 200 patients tapent, aujourd’hui, à la porte de la Ligue sénégalaise de lutte contre le cancer (Lisca) pour des soins. Malheureusement, la Lisca a déjà épuisé ses fonds. Une révélation qui a été faite, hier, lors du point de presse organisé en marge de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le cancer. Selon la présidente de la Lisca, Dr Fatma Guenoune, le cancer est l’une des causes les plus fréquentes de morbidité et de mortalité. Selon les statistiques, il y a 10 589 nouveaux cas de cancer chaque année au Sénégal dont 7 571 décès. Poursuivant, elle soutient que, l’année dernière, lors du téléthon, beaucoup de hautes personnalités de l’Etat avaient promis plus de 7 millions de F Cfa. Ce, pour appuyer la Lisca dans la prise en charge des patients. Finalement, ils n’ont rien donné. «Nous n’allons pas citer de noms, mais sur 237 millions de F Cfa, nous n’avons reçu que 198 millions de F Cfa. Nous avons fait des relances pour leur rappeler leurs promesses. Mais, en vain. Ce sont des gens qui ont appelé à la télévision pour se faire remarquer en disant qu’ils vont donner des millions. Malheureusement, il n’en a rien été», regrette Fatma Gueunoun.
Faisant le bilan, Dr Gueunoun déclare que 677 malades ont été pris en charge et 58 % des patients ont bénéficié de chimiothérapie, 12 % de chirurgie, 11 % de radiothérapie. Sur le plan financier, 198 millions 808 mille 572 F Cfa de dons ont été récoltés en 2018.
La présidente de la Lisca estime qu’un accès égal à la prévention, au diagnostic, au traitement et aux soins du cancer peut sauver des vies. Et en appelle aux populations afin de dissiper les mythes et les idées fausses et modifier leurs comportements et leurs attitudes. Car, plusieurs vies pourraient être sauvées chaque année en mettant en œuvre des stratégies appropriées en matière de ressources pour la prévention, la détection précoce et le traitement. Pour elle, le coût économique annuel total du cancer est estimé à plusieurs milliards de F Cfa dans notre pays. Donc, il est temps, de son avis, de prendre un engagement personnel. Parce que la lutte contre le cancer n’est pas seulement une affaire du gouvernement mais un combat de toutes les populations. Parce que, si «un membre de votre famille est atteint de cancer, c’est toute votre famille, votre entourage et la communauté qui sont économiquement ruinés».
Directrice générale de la santé, Dr Marie Khémesse Ngom Ndiaye dira que le cancer constitue un lourd fardeau. Car, aucun organe de l’individu n’est épargné par cette maladie. Ce qui fait que cette pathologie est devenue un réel problème de santé publique. D’où la nécessité de mettre un accent particulier sur la prévention et un diagnostic.

Walf

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