Pourquoi les Sénégalais doivent être conscients de ce qu’ils mangent

Les Sénégalais mangent pour manger sans être conscients de ce qu’ils avalent. C’est ce qu’a souligné, Cheikh Saadibou Dieng, diététicien-nutritionniste, hier, lors d’un atelier de présentation et de réflexion autour du projet «prévenir et réduire l’ampleur des maladies non transmissibles par une alimentation saine au Sénégal». Il prenait part à la table ronde sur le thème : «Les facteurs sociaux et culturels influant sur les pratiques culinaires et les décisions d’achat d’aliments». D’après lui, «c’est la communication qui manque». Et qu’il faut des stratégies pour se rapprocher des décideurs, de l’Etat.

Maïmouna Lô Guèye, ingénieur-agronome au Consortium pour la recherche économique et sociale (Cres) était à côté de M. Dieng pour échanger sur le thème de la table ronde. Elle est revenue sur les bonnes pratiques pour une alimentation saine. L’huile, acide gras saturé, dans le beurre, la charcuterie, surchauffée est cancérigène. L’huile d’arachide est préférable. Eviter de manger les frites. Manger l’huile de palme à froid…sont les quelques recommandations qu’elle a données. En enchaînant avec le riz qui, indique-t-elle, contient du sucre dont la consommation excessive entraine des risques de diabète de type 2. Mme Guèye a aussi déconseillé de faire la sieste, boire du thé après la consommation du riz. Ce qui est dangereux pour la santé. Elle n’a pas oublié le sucre qui peut être dangereux et nocif avec le risque de favoriser les maladies cardiovasculaires. Elle en a de même déconseillé la consommation des sucres ajoutés. Et d’une pincée de sel, dans ses conseils, Mme Guèye rappelle qu’il contient du sodium dont la consommation excessive engendre les Maladies non transmissibles (Mnt) qui occasionnent le vieillissement de la peau, attaquent les organes. Toujours dans les sels, Mme Guèye dissuade de consommer les produits préparés et riches en sel.
À son côté, Aminata Diop, de Masyrah, structure de distribution en ligne, a d’emblée déploré que les pratiques culinaires soient délaissées. Pour elle, il y a de quoi tenir compte des bonnes habitudes parce que cela peut jouer sur la santé. Dans tous les cas, elle mise sur l’éducation à une alimentation saine.

Les diététiciens ont posé la question d’une alimentation saine dans le cadre des discussions pour le peaufinement du projet, lancé pour trois par le Cres. «Un long chemin reste à parcourir pour mettre en place des politiques cohérentes qui promeuvent une alimentation saine. Le projet de recherche a pour but de produire une masse critique de données probantes sur les facteurs de risques des maladies non transmissibles attribuables au système alimentaire sénégalais et sur la base des évidences s’appuyer sur la définition de politiques publiques pour un accès universel à une alimentation», a confié le Pr Abdoulaye Diagne, Directeur exécutif du Cres. Qui martèle que les recommandations, issues des résultats, seront les propositions pour une nouvelle réglementation sur la création et le fonctionnement des structures de vente au détail des aliments, l’adoption d’une nouvelle réglementation sur la teneur en sel, en sucre, en matières grasses mais aussi en nutriments essentiels tels que le fer, le magnésium et les vitamines. C’est parce que, a très tôt souligné M. Diagne, «une alimentation peut être mauvaise lorsque prédominent dans sa composition des aliments et boissons à forte teneur en gras saturés, en acides gras, transformés, en sucres libres et en sel, alors qu’elle est pauvre en fruits et légumes. Cette alimentation provoque l’hypertension, l’obésité et le surpoids qui jouent un rôle majeur dans l’expansion des Mnt».
Le Cres développe le projet avec le Centre de recherche pour le développement international (Crdi). Selon la directrice régionale Bureau régional de l’Afrique du centre et de l’ouest, Julie Crowley, «force est de constater que les risques liés à la mauvaise alimentation touchent une population de plus en plus importante. Le fardeau causé par les multiples dimensions de la malnutrition pose un important défi de développement au Sénégal. Un défi exacerbé par le manque de données probantes sur la nature et les déterminants des principaux problèmes rencontrés».

WALF

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