Pr Moussa Seydi : «30 % des patients décédés à cause de la Covid-19 dans nos services avaient le diabète»

S’il y a des personnes qui doivent tout faire pour éviter de choper  la Covid-19, ce sont bien les diabétiques. En effet, selon Pr Moussa Seydi, «30 % des patients décédés à cause de la Covid-19 dans nos services avaient le diabète».

Les personnes souffrant de diabète sont en train de payer le plus lourd tribut de la Covid-19. Dans un entretien accordé, le week-end dernier,  à nos confrères de la Rts, Pr Moussa Seydi, Chef du service des maladies infectieuses et Tropicales de l’hôpital Fann, a révélé «qu’aujourd’hui, 30 % des patients décédés à cause de la Covdi-19 dans nos services avaient le diabète. C’est énorme». Et cela veut dire, analyse-t-il, que, de jour en jour, on constate qu’être âgé ou avoir une comorbidité est un risque énorme. Mieux, constate Pr Seydi, 85 % des patients de Covid-19 qui sont décédés sont arrivés à l’hôpital dans un état déjà grave. Selon lui, ce sont des malades qui n’ont pas consulté très tôt. C’est ce qui explique, d’ailleurs, à l’en croire, le nombre élevé de décès dans les services de réanimation. Pour le spécialiste, le seul moyen de réduire les décès, c’est de faire une bonne prévention. Il s’agit, précisément, d’inciter les populations à aller se faire consulter précocement et surtout de tout faire pour qu’il n’y ait pas de déficit de lits pour prendre en charge ces personnes qui sont à risque.

Auparavant, l’infectiologue a déclaré que l’augmentation des cas graves est quelque chose de très logique. Parce que, avec la hausse des cas positifs, il y a 5 % de cas critiques et 20 % de cas sévères qui ne peuvent être pris en charge que dans un service de réanimation. Donc plus le nombre de cas positifs de Covid-19 augmente, fait-il remarquer, plus le nombre de cas sévères et critiques qui atterrissent en réanimation est en hausse. Le deuxième élément est lié à la transmission communautaire. Car, plus  le virus circule dans la communauté plus il y a des risques que quelqu’un qui a une comorbidité ou qui est âgé soit en contact avec le virus. «C’est une question de logique et il faut savoir que le virus est maintenant partout au Sénégal. Et les personnes présentant une comorbidité  sont assez nombreuses et cela les met à risque. Donc il faut s’attendre à ce que le nombre de cas graves augmente et par conséquent le nombre de décès», lance-t-il.

Par ailleurs, Pr Moussa Seydi reconnait que l’ouverture des frontières peut aggraver la situation de la maladie au Sénégal. Dire que ces mesures ne constituent pas un risque d’aggraver la pandémie dans notre pays, ce serait faux, selon lui. Mais comment le juguler ? C’est ça à son avis, qui doit être la question des acteurs de la santé. «Comment peut-on accompagner ces mesures pour réduire le risque au minimum ? Parce que si on veut éviter 1 % ou 2 % de décès, due à une maladie et que les problèmes économiques puissent entrainer 3 à 4% de décès, on doute bien que l’avis du scientifique ne va pas primer. Mais si on respecte les mesures de prévention convenablement, ces décisions ne vont pas nous créer de gros soucis», tranche-t-il.

WALF

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