Quolibets, injures, invectives, stigmatisation : Le quotidien difficile des femmes sans enfant…

Cela fait 2 ans qu’elle a sauté le balai. Deux bonnes années que A. T a mis l’anneau nuptial autour du doigt avec l’amour de sa vie. Un évènement grandiose durant lequel le mari n’avait pas lésiné sur les moyens pour rendre à l’heureuse élue tous les honneurs. Des moments dont elle avait toujours rêvé et qui se sont réalisés. Mais ce bonheur n’a duré que le temps d’une rose. Quelques mois après avoir consommé son mariage, le doute et la confusion se sont installés au sein du couple. Ce, à cause d’un bébé qui tarde à venir. Auparavant chouchou de la famille, A. T devient vite la risée de sa belle-mère, des belles-sœurs…Déçues, ces dernières prennent petit à petit leur distance. A. T se voit aussitôt esseulée dans son foyer. Et quand elle décide de raconter sa situation, elle baisse la tête, le cœur lourd, son visage se raidit, le ton de sa voix s’en ressent, son esprit s’envole, un sentiment de tristesse et d’injustice l’envahit. Difficile de lui soutirer un mot. Le sentiment de culpabilité et la perte de l’amour de sa belle-famille sont difficiles à supporte pour elle.
De l’espoir au désespoir
Face à ce drame A. T n’a pas voulu croiser les bras. Avec l’aide de son mari, elle a tenté pour voir là où ça cloche. Le couple s’est vite rendu chez un gynécologue pour savoir pourquoi elle peine à tomber enceinte. Le spécialiste leur a proposé la Procréation médicalement assistée (Pma). Il fallait débourser beaucoup d’argent. Cela en vaudrait la chandelle, pour le couple. Mais l’espoir a vite laissé la place au désespoir. La Pma qui était son moyen de secours le plus sûr n’a pas porté ses fruits. Aujourd’hui, elle n’arrive plus à comprendre après avoir dépensé toutes ses petites économies, rien que pour apporter le bonheur dans la famille. Hélas. Des tradipraticiens aussi elle en a fréquentés une bonne douzaine. En vain. C’est comme si le destin s’acharnait sur elle. «J’ai été ruinée par ma situation. Je suis allée jusqu’en Guinée Bissau avec une copine pour voir un tradipraticien qui soigne l’infertilité. Auparavant, j’avais vu d’autres guérisseurs. Et à chaque tradipraticien sa portion magique, soit à ingurgiter soit à boire ou pour faire un bain. Mais rien…», narre-t-elle.

A. T n’entrevoit plus aucune solution. Sinon, s’enfermer dans sa chambre et pleurer toutes les larmes de son corps à chaque fois que le sujet est évoqué dans sa belle-famille. L’optimisme, elle l’a perdu depuis belle lurette. «La seule chose qui me vient à l’esprit et qui m’empêche de fermer l’œil, aujourd’hui, c’est : pourquoi moi ? Pourquoi ça ne marche pas ? Pourquoi le service de Pma n’a pas su trouver l’origine de cette infertilité qui me pourrit la vie depuis plus de 2 ans maintenant ? Aujourd’hui, je suis stigmatisée, pointée du doigt comme étant une mauvaise fille alors que je ne suis pas responsable de ma situation. J’ai vécu toutes sortes d’humiliations dans cette famille. Au début, ma belle-mère murmurait en cachette. Maintenant, elle me jette ses quolibets en pleine figure », confie-t-elle.
«Une seule envie : le suicide»
La dame A. M est en couple depuis 2014. Dans un quartier paisible de Dakar, elle vit dans un appartement de luxe avec son mari, un jeune gradé de l’armée, sa belle-mère et ses belles-sœurs. Les deux tourtereaux filaient un parfait amour. Seulement le bonheur du couple est secoué par une situation qui met à rude épreuve sa stabilité : l’absence d’un enfant. Le jeune couple qui rêve d’un bébé prend toujours son mal en patience. «J’avoue que c’est difficile. Mes belles-sœurs sont allées jusqu’à me traiter de sorcière. Pour elles, je suis la poisse personnifiée car je n’arrivais pas à apporter de la joie et du bonheur au sein de la famille. Je n’ai plus envie de sortir. Aujourd’hui, je vois de moins en moins mes copines, de peur d’être confrontée à cette question. Je ne supporte même pas de rencontrer des couples avec des enfants, car cette situation me renvoie à ce que je vis douloureusement comme un échec. Je n’ai envie que d’une chose : me suicider», raconte-t-elle.

WALF

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *