Canal 221

Radioscopie de la presse sous Macky Sall

NOTES DE LECTURE
Maux et mots. La presse privée sénégalaise: ses accointances avec le pouvoir politique, économique, corruption…
Profession minée de corruption, transhumance éditoriale, jeunes reporters exploités par des patrons de presse vereux, tarés, gros mercenaires de la plume, faillite des instances de régulation et d’autorégulation, des syndicats de journalisme, formation des journalistes dispensée au CESTI qu’il juge obsolète…
Le journaliste Ngagne Demba Fall, à travers son essai de 102 pages,  » la presse sous Macky Sall, démocratie en péril », jette un regard critique sur la presse sénégalaise, critique au sens philosophique du terme, les maux qui ssaillent cette profession poreuse, accessible.  Acharnement intellectuel!
Style accessible, simple, dépouillé…, cet essai, qui rend aussi hommage à Sidy Lamine Niasse, un « contre-pouvoir » au service de l’intérêt général, fervent défenseur de la liberté de presse, est venu à son heure: contexte où une bonne partie des patrons de presse, qui étaient  de veritables pourfendeurs antidemocratiques du regime wadien, ont perdu la voix, brisé leur plume. Transhumance éditoriale!
L’auteur, sans langue de bois, imprégné de ce milieu, dévoile les noms de ces journalistes, « mercenaires » de la plume, qui ferment les yeux sur les dérives, pratiques democraticides, du régime de Macky Sall: Yakham Mbaye, Alioune Fall, Madiambal Diagne, GFM, symbolisé par Youssou Ndour, Latif Coulibaly…
Laudateurs! Presse broyée par le pouvoir. Ils ont tous courbe l’échine devant ce régime de Macky Sall, embourbé dans une grosse affaire de corruption: dossier petrogazier, sujet d’actualité qui occupe l’espace public sénégalais. Ngagne Demba Fall juge indigne le comportement  de ces « anciens de la bonne gouvernance », qui utilisent la presse comme tremplein. Ils sont tous des hommes d’affaires. Conséquence: ils perçoivent la presse comme un moyen de pression.
Levier actif dans le cadre de la bonne gouvernance, de la gestion des politiques publiques, dénoncer les pratiques nébuleuses des  gouvernants, faire état des sujets lourds qui font appel à l’intérêt général, traquer la vérité dans le but répondre aux attentes du public: « informer juste et vrai »…, nombreuses sont les missions nobles de la presse.
Malheureusement, aujourd’hui, sous nos cieux, avec ce régime qui a réussi à capter des patrons de presse privée, une bonne partie de la presse préfère garder le silence sur ces sujets. A l’occasion de la dernière élection présidentielle, des médias privés, qui agissent comme des appareils politiques, ont eu le courage, sans attendre l’institution l’institution dont la vocation  est de donner les résultats, de proclamer le Président Sall vainqueur. Histoire de préparer l’opinion à accepter sa victoire? Une chose est claire: ils ont manifesté, étalé, leur appartenance. Des faussaires de la démocratie. Mission de la presse faussée!
Le journaliste, à cheval sur les principes déontologiques, revient sur tous ces sujets, le rôle de la presse dans une démocratie, décline l’exemple de la presse française, son pays de résidence. Ton mérite: c’est une première, a mon avis, un acteur de la presse, aborde, sans complaisance aucune, dans un livre, les pratiques nébuleuses de patrons de presse. Et il les dévoile vigoureusement.
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