Rappel à Dieu de Sérigne Cheikh Ahmed Tidiane Niass: Pluie de larmes sur Médina Baye 

Médina Baye Niass, quartier situé à quelques encablures du centre-ville de Kaolack, se réveille dans l’émoi et la consternation. Frappés par le rappel à Dieu subite de leur 4ème khalife général, Cheikh Ahmed Tidiane Niass, fidèles, parents et sympathisants rallient, très tôt, la grande mosquée avant de replier, à la suite de l’annonce de son enterrement prévu mercredi, 05 août. Ce report décidé pour des raisons encore ignorées n’a pas empêché à ces derniers de témoigner sur le vécu du défunt. Une vie consacrée, pour la majeure partie, à la concrétisation des projets du fondateur du Faydatou, en l’occurrence Cheikh Ibrahima Niass dit Baye Niass, et à l’assistance aux nécessiteux.

«Social», «bienfaiteur», «humble»… On peut enchainer à perte de vocabulaire en évoquant les qualités intrinsèques qui font le génie de l’homme recueillis auprès des disciples et sympathisants rencontrés aux alentour de la grande mosquée. Rappelé à Dieu dans la nuit du dimanche 02 au lundi 03 août 2020, «Papa Cheikh», comme le surnomment ses proches, laisse derrière lui une famille et des disciples inconsolables. «Nous avons perdu un être cher. Nous remettons tout à Dieu. Il était un homme humble, bien et accessible. Il a achevé plusieurs projets de son père (Baye Niass, ndlr) que ses prédécesseurs avaient démarrés. C’est un rassembleur, un unificateur. Il a beaucoup œuvré sur le social. De toute sa vie, il n’a de cesse de rappeler les citoyens vers les recommandations divines. Il nous a beaucoup marqués», témoigne Abdoulaye Kébé, un disciple venant de Ngane Saër.

A peine ses prières terminées, bien qu’étant jeune, il révèle avoir été membre des comités de distributions des aides aux nécessiteux pendant plus de 10 ans. «C’est seulement cette année que je n’ai pas pu participer. Les ayants droit recevaient, chacun sa part, durant les fêtes de Korité, Tabaski, Gamou, Magal, etc. Ce sont plus de 200 familles bénéficiaires de toutes obédiences confondues. Ces pères de familles ignorent même qu’il s’agit des actes du défunt Khalife. On déposait les moutons de tabaski ou des sacs de riz nuitamment devant les portes de ces derniers. Il a beaucoup aidé», confie Abdoulaye sur un air triste.

Les témoignages foisonnent. Devant la porte du domicile d’une des filles du défunt khalife, Ousmane Diop égrène son chapelet. Il vient de Ndiaguéne, une contrée située dans le Saloum. Depuis l’annonce du rappel à Dieu de son «Wassila» (guide spirituel), ce dernier n’a pas fermé les yeux. Le cœur meurtri, Ousmane regrettera de ne plus revoir les ambiances qui régnaient dans la maison. Selon lui, c’est cette ambiance qui permet de savoir si Papa Cheikh est en voyage ou au Sénégal. «Tout le temps, les personnes se faufilaient dans son domicile en raison de ses bienfaits. Il était très facile de savoir s’il est à Kaolack ou à l’étranger. Sa maison n’est jamais désemplie. Parfois, il avait même honte de sortir sans n’avoir rien donné aux disciples, surtout quand il revenait de voyage. Il remet aux nécessiteux tout ce qu’on lui offre comme aumône (Adiya). Chacun avait sa part chez lui», raconte-t-il. «Il n’a jamais pris une décision sans consulter son staff qui viendra, à son tour, informer l’opinion. Il écoutait tout le monde. Nous avons perdu un grand érudit du Coran», poursuit-il.

Le défunt Khalife général de Médina Baye contribuait à la restauration des patients internés à l’Hôpital Elhadji Ibrahima Niass de Kaolack. Outre cela, il payait des ordonnances en cachette pour plusieurs personnes. «C’est lui qui a modernisé le village natal de sa mère, situé dans le Saloum. Il a construit un lycée dans ce village, un centre de santé moderne. A Kossi, il a construit, à fonds propres, la maison des hôtes», siffle-t-on.

WALF

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