Réduction des polluants : «C’est bénéfique pour la santé», (spécialiste)

Avec l’Etat d’urgence assorti du couvre-feu instauré par les autorités sénégalaises ces derniers jours, il y a une diminution de la circulation, avec moins de pollution. Cette situation semble être bénéfique sur la santé humaine. Selon Cheikh Mbengue, spécialiste en biotoxicologue du Centre de la gestion de la qualité de l’air, «avec les mesures de semi-confinement, une diminution considérable du trafic automobile est notée». «Cela a pour effet une réduction des émissions de polluants atmosphériques, notamment les particules (PM10 et PM2,5) et le dioxyde d’azote (NO2) qui reste bénéfique pour la préservation de la santé surtout chez les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques», dit-il.

Prenant part le week-end dernier au point de presse quotidien de la situation du Covid-19 avec les services du ministère de la Santé et de l’Action sociale, le ministre de l’Environnement et du Développement durable avait manifesté son engagement au «renforcement de la surveillance de la qualité de l’air et une diffusion quotidienne de l’indice de la qualité de l’air». Cela, pour permettre aux populations de se prémunir contre les risques d’exposition à la pollution atmosphérique, source d’infection respiratoire aigüe. Cette surveillance quotidienne semble porter ses fruits puisque la Direction de l’environnement et des établissements classés (Deec) où est logé le Centre de gestion de la qualité de l’air (Cgqa) a détecté, dans ses études, des particules fines dans l’air qui peuvent jouer un rôle de transporteurs de micro-organismes. Il revient aux blouses blanches de mener des études poussées pour voir s’il n’y a pas de corrélation avec le Covid-19.

C’est en tout cas l’alerte émise par le biotoxicologue du Centre de gestion de la qualité de l’air, au détour d’une interview. A la question de savoir s’il n’y a pas de risques d’exposition à la pollution atmosphérique source d’infection respiratoire, Cheikh Mbengue fait savoir : «Des hypothèses de transmission par l’air sont évoquées par quelques études, du fait que les particules fines peuvent jouer un rôle de transporteurs de micro-organismes (virus, bactéries, moisissures, etc.)». Maintenant, poursuit-il, «il revient aux chercheurs de la santé de mener des études plus poussées pour pouvoir trouver une corrélation entre la pollution atmosphérique et la propagation du Covid-19». S’agissant de l’indice de qualité de l’air, il s’empresse d’ajouter que celui-ci, durant le mois février, se présente avec des épisodes intermittents de forte pollution (alerte orange ou rouge). «La première quinzaine du mois de mars est marquée par un indice orange (mauvaise) entre le 10 et 14 mars. Depuis le 17 mars, la qualité de l’air s’est considérablement améliorée avec un indice jaune (moyen) la plupart du temps», laisse entendre M. Mbengue.

WALF

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