Rétention des notes : La nouvelle arme de guerre des «Fastefiens»

Les formateurs de la Faculté des Sciences et Technologies de l’Education et de la Formation (Fastef) sont dans tous leurs états. Et ça râle fort. Ils rouspètent après que le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, a refusé de payer la formation à distance (2018-2019) des enseignants contractuels et vacataires. Hier, en conférence de presse, le Secrétaire général du Saes/Fastef, Ousseynou Thiam affirme que ce qui les exaspère, les autorités de l’Enseignement supérieur leur indiquent que cette formation n’a pas été budgétisée. «C’est le ministère de l’Education nationale qui commande cette formation. Par conséquent, c’est l’Etat qui paie la formation. C’est une formation qui vient ajouter des heures supplémentaires à notre charge de travail. On a fait la formation, on a fini et on a évalué depuis le mois de juillet dernier. Mais ce qui nous étonne, notre directeur, le doyen de la Fastef nous dit qu’il n’y a pas de trace pour cette formation. Le recteur a dit la même chose. Mais quand nous nous sommes rabattus sur le ministre de l’Enseignement supérieur, ce dernier nous dit que cela n’est pas encore pris en charge. C’est grave. Donc nous sommes scandalisés par rapport à cette situation où l’Etat commande une formation sans la budgétiser. Et nous croyons que c’est un dilatoire mais nous ne nous laisserons pas faire», a déploré M. Thiam.

Mais, le responsable du Saes affirme que cette situation les oblige de prendre, dans l’immédiat, certaines mesures en attendant de passer à la vitesse supérieure. Ainsi, après le débrayage d’hier, ils ont décidé de faire la rétention des notes. «C’est difficile de le faire. Mais quand un enseignant décide de bloquer les notes surtout du supérieur, c’est parce qu’il est à bout de force. Et nous savons qu’il dépend du bon vouloir du ministre de l’Enseignement supérieur pour que cette formation soit payée et que d’autres personnes soient formées parce que le besoin est là», a souligné Ousseynou Thiam. Ce dernier, affirme que les formateurs de la Fastef tiennent le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Cheikh Oumar Anne comme l’unique responsable de toutes les conséquences qui pourront découler de ce mouvement d’humeur. A l’en croire, leur lutte a plusieurs ramifications dans la mesure où ils ont un champ d’actions très large. Parce que cela touche aussi bien les enseignants du moyen et secondaire, les enseignants de l’école primaire, que les inspecteurs qui ont des points focaux dans la formation. «Si nous décidons on peut toucher tout le monde. On ne veut pas que les administrateurs nous poussent à une certaine situation, incompréhensible qui risque malheureusement de perturber le secteur de l’Education de manière générale», avertit-il.

Le Saes, section Fastef de l’Ucad souligne que cette situation risque d’impacter sérieusement la carrière de ces enseignants qui sont plus de 900. «Malgré cet état de fait, le ministre avait promis qu’il va payer. Quand ? Pendant ce temps les enseignants pourraient perdre un an de leur exercice professionnel. Puisque à partir du 31 janvier, les inscriptions seront normalement clôturées. Cela veut dire qu’ils vont perdre une année d’exercice dans la fonction publique. Ce qui est dramatique. C’est la dignité de l’être humain qui est touchée parce que ce sont des volontaires qui sont engagés dans l’éducation et doivent être formés et qui doivent recevoir leur diplôme», fustige Ousseynou Thiam.

walf

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