Sévices sexuels, mauvais traitements : dur, dur d’être « bonne » à Dakar

ABSENCE DE CONGES DE MATERNITE, LOGEES AVEC DES ANIMAUX…

Le quotidien difficile des femmes de ménage

Elles font presque 1 million 500 femmes de maison. En milieu professionnel, leurs droits sont piétinés. Elles ne bénéficient ni de congé de maternité encore moins de charges sociales. Certaines, qui ont élu domicile chez leur patron, sont obligées de cohabiter avec des animaux ou avec le matériel ménager.

Malgré l’arsenal juridique qui encadre les droits des femmes en milieu du travail, les conditions de celles domestiques restent précaires. Un panel organisé hier par Amnesty international a permis de mettre à nu ce difficile quotidien des «bonnes». Ce, dans le prolongement de la célébration de la Journée internationale de la femme. Sous le thème «les femmes dans le milieu du travail, enjeux et défis», les panélistes ont dénoncé les conditions des femmes dans le milieu socio-professionnel. Femmes leaders, femmes syndicalistes et responsables des associations de femmes de maison ont débattu du quotidien des femmes, particulièrement de celui des femmes dites domestiques.

Evoluant souvent dans le secteur informel, les domestiques sont estimées à plus d’un million 500 mille. Elles subissent le plus d’injustices en milieu professionnel. Leurs droits sont piétinés. Elles n’ont ni congé de maternité, ni charge sociale. Daba Ndour comme Bineta Diop, évoluant dans ce secteur, ont témoigné de leurs dures conditions, elles et leurs sœurs.  Présidente de l’Association des travailleuses des maisons, Daba Ndour a mis le doigt dans la plaie. Son témoignage est glaçant. «Certaines femmes de maison cohabitent avec des animaux», dit-elle. D’autres, ajoute-t-elle, «sont obligées de se contenter d’un repas pour toute la semaine». Présidente de l’Association des femmes domestiques depuis bientôt 20 ans, elle a insisté sur les injustices, les discriminations auxquelles ces femmes sont confrontées auprès de leurs employeurs. «Certaines femmes sont souvent victimes de sévices sexuels, d’autres n’ont pas de droits de maternité», dénonce Mme Ndour. Et, c’est l’employeuse, la patronne de la maison, qui est le plus souvent pointée du doigt comme responsable de ces sévices. «Ces injustices sont souvent le fait des employeurs femmes», complète-t-elle.

Dans les contributions, beaucoup d’intervenants ont insisté sur la formation professionnelle des femmes de ménage et leur alphabétisation comme remède à cette situation. Ancienne patronne du Sudes, Awa Wade a plaidé une révision du Code de la famille pour améliorer les conditions des femmes de ménage, leur protection sociale, etc. Elle a, par la même occasion, insisté sur les disparités entre les hommes et les femmes. A travers des statistiques, elle soutient que 65,4 % d’hommes sont en activité contre 47 % de femmes. 17,8 % de femmes contre 8,1 % d’hommes sont au chômage. Pour Awa Wade, les femmes sont trop présentes dans le secteur informel.

La représentante du patron de d’Amnesty International a disserté sur l’historique des systèmes de protection des femmes au niveau national. Selon elle, malgré cet arsenal juridique, certaines femmes continuent de subir des violences. Aminata Diagne de la Cnts a, pour sa part, insisté sur l’évolution constante des femmes dans le milieu du travail. Ensuite, sur les enjeux du travail de la femme impactant l’aspect sociétal, politique et économique. Elle a aussi évoqué certains problèmes liés à une prise en charge de leur propre carrière, l’inaccessibilité des femmes aux postes de responsabilité et l’absence de femmes syndicalistes. Sous ce rapport, elle a exhorté ses paires à s’engager davantage dans les luttes contre la violence.

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