Témoignages : le télé-travail et ses ratés

Depuis la fin du mois de mars Mamadou* travaille à domicile. Il est employé dans un centre d’appel en tant que conseiller commercial. C’est son entreprise qui offrait la possibilité du télé-travail à certains de ses salariés et ce peu de temps après la mise en place du couvre-feu. Une sélection des employés a été mise en place afin de déterminer ceux qui en auraient le droit avec comme critère leurs objectifs personnels. Ainsi seul ceux avec les meilleurs résultats se sont vu prêter un ordinateur par l’entreprise pour le travail à domicile. « C’est vrai que le travail est plus difficile à la maison » raconte Mamadou* : « Mon poste nécessite beaucoup d’échanges avec le reste de l’équipe, notamment avec les superviseurs. Au bureau on avait des briefings tous les matins avant de commencer la journée. Aujourd’hui on communique via un groupe Whatsapp, mais c’est moins pratique. Je prends donc moins d’appels par jour. Aussi avant je travaillais à mes horaires habituels, c’est à dire de 8h à 16h. Maintenant ils veulent que je travaille de 16h à minuit, mais je ne peux pas à ces heures-là. Mon lieu de travail c’est ma chambre et je la partage avec d’autres personnes qui elles aussi travaillent. Je ne peux pas les déranger la nuit avec mon travail alors qu’eux essayent de se reposer. Je vais donc devoir arrêter le télé-travail ».

D’autres auraient aimé avoir la possibilité de travailler à domicile comme Khadija*, assistante de direction pour une agence privée sous-traitant pour le public. Elle témoigne « C’est le directeur général de mon entreprise qui a décidé de ceux qui devaient ou non continuer à se rendre au bureau ou travailler à domicile. Il n’a consulté personne et a pris sa décision tout seul. Je suis donc obligé de me rendre tous les jours au travail avec la peur au ventre. Même si tout le monde porte des masques aux bureau il y a beaucoup d’échanges de documents, d’enveloppes notamment, donc des risques de contamination. Aussi ma charge de travail a augmenté. Par exemple je partage le même bureau que la personne qui s’occupe des ressources humaines. Elle n’est pas là en ce moment et je dois m’acquitter de son travail tout en conservant le même salaire. Aussi je sais que ce n’est pas la peine que je demande à mon patron si je peux travailler à domicile, je sais qu’il refusera vu qu’il y a trop de travail au bureau ».

Thibault de Seilhac

* Les prénoms ont été modifiés

 

 

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *