Tests Covid à l’Aibd : Alerte sur une «arnaque à plein nez»

N’y a-t-il pas de l’arnaque autour des tests soumis aux voyageurs entrant au Sénégal à l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) ? On est tenté de le croire si on suit Pr Issa Wone. Sur sa page Facebook, le président de l’Association sénégalaise des professionnels de Santé publique révèle que «des agents d’un laboratoire privé qui n’a aucun pouvoir de police de l’hygiène ni à l’intérieur ni aux frontières, exigent à l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) aux passagers, à l’arrivée, de refaire (le test). Parce qu’ils l’avaient déjà fait au pays de départ le test Covid moyennant espèces sonnantes et trébuchantes (40 000 Cfa), sous prétexte que le rendu du résultat avait été fait par e-mail». «Désolé, ça sent l’arnaque à plein nez! Peut-être que notre ami Tandakha Dièye pourrait nous expliquer…», écrite le spécialiste en Santé publique.

Joint au téléphone par WalfQuotidien Pr Tandakha Ndiaye Dièye, chef de la plateforme du Service d’immunologie infectieuse à l’Institut de recherche en santé de surveillance épidémiologique et de formation (Iressef) rappelle que le Sénégal exige, «quand vous entrez dans le pays, que vous soyez testés si vous n’avez pas fait de test en venant». Mais cela est du ressort de la police de l’Aibd qui vérifie et qui oriente les passagers et non les laboratoires. «Il faut savoir que le laboratoire n’est pas la police. Le laboratoire n’a rien à voir avec l’accueil des passagers. Il faut que ça soit très clair. C’est la police qui vérifie si les papiers sont conformes ou pas. Nous avons été extrêmement clairs là-dessus. Nous n’avons rien à voir avec le voyage. C’est la police qui oriente les passagers vers nous. Nous ne sommes pas la police de l’aéroport. Nous ne sommes même pas à la position de la police. C’est l’aéroport qui vérifie», précise encore Pr Dièye. Ce dernier estime que les gens peuvent alerter pour demander que l’on fasse attention au niveau de l’aéroport. Mais, il pense que ces personnes parlent aux forces de sécurité mais pas aux laboratoires. «Attention ! Je précise encore, nous on ne fait que recevoir des gens qui doivent faire des tests. Mais nous n’avons aucune prérogative d’exiger aux gens de faire des tests de Covid-19 ni à l’Aibd ni ailleurs. C’est la police qui doit l’exiger. Et à ce niveau, je suis parfaitement d’accord avec les autorités, parce qu’on ne peut pas nous exiger des tests d’entrée en Europe et que les gens rentrent au Sénégal comme ils veulent sans faire des tests pour savoir s’ils sont malades ou pas. C’est l’Etat et il est là pour la sécurité des personnes. D’ailleurs tous les voyageurs qui sont orientés chez nous pour faire des tests, nous leurs demandons leurs billets d’avion pour se faire tester », déclare Pr Tandakha Ndiaye Dièye.

Toutefois, le chef de la plateforme du Service d’immunologie infectieuse de l’Iressef promet de saisir leur cellule de communication pour mener des investigations sur cette affaire.

Ces tests ont, depuis le début de la pandémie, fait beaucoup de bruit. Pour rappel, en effet, à l’issue du point du jour du lundi 11 mai 2020, la Directrice générale de la Santé avait dénoncé des manœuvres de certaines firmes qui profitaient de la Covid-19 pour vendre à domicile des tests «non validés». «Il y a des personnes mal intentionnées qui disent qu’elles ont réussi à avoir des tests rapides pour détecter le coronavirus. Il n’en est rien. C’est Interpol qui nous a mis la puce à l’oreille via la police sénégalaise. Ce produit s’appelle Unigolt. Et on veut passer par le programme de lutte contre le Sida. Mais, je vous dis que c’est faux tout ça. Il n’en est rien ! Il n’y a pas de produit comme ça. Ce produit n’est pas bon, je vous le dis», avait lancé Dr Marie Khemesse Ngom Ndiaye. «Les forces de défense et de sécurité ont été alertées, les Gouverneurs aussi. Je pense qu’un travail se fera à ce niveau-là. C’est sûr que les conséquences vont être tirées sur cette affaire», ajoutait-elle. Il s’agissait d’une alerte du ministère de la Santé et de l’Action sociale sur la commercialisation et la circulation de «médicaments douteux» contre le coronavirus. Et sur ce, Interpol, qui avait saisi la police sénégalaise, indiquait que des personnes mal intentionnées passaient par le programme de lutte contre le VIH/Sida pour agir.                                        

     WALF                                                                       

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