Tivaouane Peulh : 1 796 familles réclament 20 hectares de terre

Alors que l’affaire Terme-Sud de Ouakam n’a même pas fini d’occuper le devant de la scène, 1 796 autres familles regroupées autour d’un collectif ont fait une descente, hier, devant les locaux du groupe Wal Fadjiri. C’était pour manifester, disent-elles, leur mécontentement face à ce qu’elles considèrent comme une injustice. Parce que, martèlent Bakary Badji, coordonnateur du Collectif des victimes de la démolition de Tivaouane Peulh et ses camarades, le gouverneur a envoyé des éléments de la gendarmerie pour les chasser des 20 hectares qu’ils avaient acquis de l’Etat. Ce, au profit de la Sipres. «Nous sommes très déçus de ce gouvernement. Le président de la République, Macky Sall, nous avait donné 20 hectares sur l’assiette de l’ex-Sipres. Le chef de l’Etat avait instruit, à l’époque, son ministre du Budget, Birima Mangara, par une lettre dans laquelle il avait donné ordre à tous les services techniques de nous faciliter nos travaux. Et les 20 hectares ont été mis à disposition par les services techniques notamment le Cadastre, l’Urbanisme, le Domaine, le préfet, le sous-préfet, le maire entre autres pour que nous puissions obtenir notre avenant. Donc c’était clair comme l’eau de roche que ces parcelles étaient à nous. A  notre grande surprise, le gouverneur a envoyé des éléments de la police pour nous déguerpir de nos parcelles», s’indignent Bakary Badji et Cie qui scandent : «Nos terres, nos vies».

Au nombre de 1 796, ces pères et mères de familles qui ont fait le déplacement de Tivaouane Peulh jusqu’au siège de Wal Fadjiri disent être victimes d’une injustice. Ils déclarent ne pas comprendre que le chef de l’Etat donne des instructions et que le gouverneur les viole. Ils soutiennent qu’ils avaient même voulu organiser une grande manifestation à Tivaouane Peulh pour alerter le chef de l’Etat de ce qui est en train de se passer chez eux, mais la marche a été dispersée par la gendarmerie. Et 6 membres du collectif ont été arrêtés et emprisonnés pendant une semaine avant d’être relâchés.

Ces familles précisent qu’elles n’ont aucun problème avec la Sipres, puisque ce sont des Sénégalais comme eux qui sont au niveau de cette institution, mais «il faut reconnaitre que la Sipres nous a trouvés à Tivaouane Peulh».  Bakary Badji et ses camarades rappellent que les 100 hectares que le Président Abdoulaye Wade avait donnés à la Sipres en 2012, entre les deux tours de l’élection présidentielle, c’était pour combattre Macky Sall. Et à son arrivée au pouvoir, ce dernier a réglé cette injustice en leur restituant leurs terres. «Et si aujourd’hui, on nous envoie la gendarmerie pour nous déguerpir, cela nous étonne. Nous ne pouvons pas comprendre que le chef de l’Etat nous donne  ces 20 hectares et que le gouverneur nous dise que ces parcelles reviennent à la Sipres. Alors que nous avons construit une route de 4 kilomètres de la Cité Namora jusqu’à l’intérieur du site. Nous avons payé pour avoir de l’eau et certains de nos camarades ont commencé même à construire. Un beau matin, on nous dit que ces parcelles ne nous appartiennent plus», pestent Bakary Badji et ses collègues.

 Ils disent vouloir savoir qui est derrière «ce deal» et attendent que le président de la République éclaire leur lanterne par rapport à cette affaire. En les informant s’il a repris ces parcelles  ou pas.  S’il n’était pas au courant de cette affaire, ils veulent que Macky Sall sache que les instructions qu’il avait données sont en train d’être violées par le gouverneur. «Nous ne pouvions pas imaginer que quelqu’un viendrait nous faire déguerpir. Aujourd’hui, ce sont des familles désemparées qui sont là. Nous sommes partis jusqu’au palais de la République pour déposer une lettre adressée au chef de l’Etat. Mais ce qui nous a fait beaucoup plus mal aussi, c’est qu’on nous a donné une poubelle pour déposer la lettre. C’est un manque de respect. Il faut que le chef de l’Etat sache que nous sommes des citoyens sénégalais et nous faisons partie de ceux qui l’ont élu», crachent-ils.

WALF

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *