Remaniement : tops, flops et mauvais castings

Le gouvernement formé dimanche a été riche en surprises. Dans cette nouvelle équipe que Dionne va cordonner avant de «passer l’arme à gauche», de bons profils cohabitent avec des mauvaises adresses.

Accouchement dans la douleur, par voie basse ou par césarienne, qu’importe ! L’essentiel est que le Sénégal s’est réveillé hier avec un nouveau gouvernement. Un gouvernement où les bons choix cohabitent avec des erreurs de casting tellement visibles à l’œil nu qu’il n’est point besoin de microscope pour les déceler. Ainsi, le choix de Cheikh Oumar Anne aura été le «scandale» de cette nouvelle équipe. Le directeur du Coud, il n’est point besoin de le rappeler, traine des casseroles dans son sillage. Un rapport de l’Office national de lutte contre la corruption et la concussion (Ofnac) met en doute sa probité. Son limogeage avait été réclamé urbi et orbi par Nafi Ngom. Sa traduction devant la justice était devenue une exigence. Le propulser à la tête d’un ministère, quel qu’il soit, sent le pied de nez à la magistrature et au prestigieux corps des enseignants du supérieur qui vont devoir s’accommoder d’un ministre à la carte de visite aussi maculée.

L’autre choix qui sonne mauvais genre est celui de Mamadou Talla. «Il est sous-dimensionné pour le poste», souffle un cadre du secteur. S’y ajoute qu’il faudra des talents de perchiste à Mamadou Talla pour élever le niveau plus haut que son prédécesseur.

Un avocat doublé d’un «droit de l’hommiste» à la tête du ministère des Forces armées ? A priori, cela relève du décalage, tant Grande Muette et droits de l’homme font mauvais ménage.

La «migration» d’Amadou Bâ aux Affaires étrangères aura été l’une des autres surprises de ce remaniement. Inspecteur des Impôts ayant blanchi sous le harnais et toutes ses classes dans les régies financières, Bâ dans la diplomatie, c’est comme un cheveu dans la soupe. La chronique qui lui prête des ambitions présidentielles pense que c’est, peut-être, un moyen de lui tailler une stature internationale, hors des circuits feutrés de la haute finance.

Ce que l’on perd avec ces nominations, on le gagne avec le bon casting opéré sur certaines identités remarquables. Il en est ainsi d’Amadou Hott. Directeur général du Fonsis à ses débuts avant d’intégrer la Bad, le nouveau ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, un ancien de Dangote, jouit d’un préjugé favorable. Idem pour son collègue, Mohamadou Mactar Cissé. L’enfant de troupe passé inspecteur des douanes avant de diriger le corps, doublé d’un statut d’Inspecteur général d’Etat, a redonné une meilleure santé financière à la Senelec. Beaucoup de prévisionnistes de la météo politique lui prédestinaient un destin de «premier ministrable» à la place de Mahammad Dionne tant ses faits d’armes forcent le respect.

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