Vaccin: Des dakarois embrouillés par les flots d’infos

Plusieurs  dakarois rencontrés sont encore sceptiques à l’idée de se faire vacciner contre la Covid-19. Certains attendent de voir les premiers résultats sur les personnes qui vont se soumettre à l’exercice. D’autres se disent prêts à être des « cobayes ».

La vaccination contre la Covid-19 reste un sujet de discussions voire de controverses dans les rues de Dakar, alors que le Sénégal n’a pas encore reçu ses premières doses de vaccin. À Dakar, l’augmentation des contaminations et la conséquence de l’épidémie ont poussé certains à changer de perception par rapport à la vaccination. Trouvé dans un garage, le mécanicien Thiam, s’affaire à réparer la portière d’une voiture. Il ne se pose pas de question sur la vaccination des Sénégalais pour en finir avec la pandémie du coronavirus. « Je vais me vacciner. Si le vaccin était disponible, aujourd’hui même, je me vaccine », tranche Thiam. Poursuivant, il ajoute : « ceux qui refusent n’ont pas compris qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort. Le vaccin nous protège contre une maladie qui perturbe notre quotidien depuis un an. Il faut alors se faire vacciner pour se protéger et reprendre nos activités comme par le passé ».

L’argument du mécanicien est presque repris par un médecin, croisé à Ouest Foire, qui a parlé sous le couvert de l’anonymat. Le médecin s’étonne que des Sénégalais émettent des réserves sur le vaccin, alors que c’est le seul remède contre cette maladie. « Je ne vais pas décider pour ma famille, mais ce dont je suis sûr, c’est que j’accepte même d’être le cobaye pourvu que cela puisse convaincre les sceptiques à se faire vacciner pour s’immuniser contre la maladie », a argumenté le spécialiste de la santé. À son avis, « si le vaccin était nuisible, de grandes personnalités comme le Président des États-Unis, le Pape François, n’allaient pas se faire vacciner. Les informations véhiculées dans l’Internet sont juste des stratégies avec les laboratoires qui se font la concurrence pour vendre leur vaccin. Mais, tous les vaccins sont bons, médicalement étudiés et peuvent sauver des vies ».

Les arguments du médecin ne sont pas convaincants aux yeux de Amadou Diallo, un commerçant. Il voit derrière ce débat d’autres motivations qui n’ont rien à avoir avec la recherche de l’immunité collective. Dans sa boutique remplie de marchandises, au milieu de sa famille, il clame : « Je n’irais pas me faire vacciner, ma famille non plus. Car il y a trop d’informations véhiculées et des incompréhensions avec cette maladie de Covid-19 ». Ainsi, il coupe court à notre échange.

Non loin de là, se trouve un multiservices. La gérante Fatima Faye, de taille moyenne, la trentaine environ, se prépare à baisser rideaux. Elle habite à Ouakam. Habituellement et malgré le couvre-feu, elle travaille jusqu’à 18 heures, mais ce jour, elle a décidé de rendre visite à une personne qui lui est chère : sa maman, malade.

               Les indécis  

Fatima Faye partage, en partie, l’avis du boutiquier. Elle n’est pas prête à se faire vacciner sans connaître les tenants et les aboutissants de la vaccination qui alimente les débats aussi bien dans les médias, les réseaux sociaux, que dans les Grand-Places. « Il me faut des informations claires pour me décider », concède la dame. Elle enchaîne en déclarant : « On véhicule des informations selon lesquelles il y a des effets secondaires, chez certaines personnes. Dans ce cas, il serait trop risqué de se faire vacciner ». Elle déplore les tergiversations qui ont jalonné la gestion de cette pandémie depuis son apparition. « Je ne peux pas être d’accord sur un sujet sur lequel tout le monde tergiverse », avance la gérante du multiservices.

Le jeune Malick, téléphone à la main, des écouteurs autour du cou, s’impatiente à l’arrêt bus Dakar Dem Dikk. Il est presque 20 heures, il veut quitter Ouest Foire pour rentrer à Guédiawaye. Lui aussi s’inscrit dans le même sillage. Malick est embrouillé par les informations  transmises et partagées à longueur de journée sur WhatsApp. Il ne croit plus aux choses qui se racontent sur le net. Jusqu’ici, il n’a pas encore pris de décision. « Je ne sais pas encore, j’attends que le vaccin soit là pour voir comment ça va se passer », rétorque cet habitant de la banlieue dakaroise.

Le Soleil

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