Vers la suppression de l’Ecole nationale d’administration

Lundi, Emmanuel Macron devait s’adresser à ses compatriotes pour évoquer des pistes de réponses aux questions posées par les Gilets jaunes et prises en charge dans le cadre du grand débat national. Avec l’incendie de Notre-Dame-de Paris survenu le même jour, le discours a été reporté. Dans le projet de discours dont l’Afp a obtenu copie, il y était question de la suppression de l’Ena, délocalisée à Strasbourg depuis 1990.

Depuis des années, il y a des réflexions sur une réforme de l’ENA, le classement de sortie et le contenu de la scolarité. Sans réelle réponse du côté de l’école ou de l’exécutif. Aujourd’hui, on nous sort comme réponse miracle à la crise des gilets jaunes la suppression de l’ENA. La question c’est : que va-t-on mettre à la place ? Le projet originel de l’ENA reste valable. Il était de créer une école pour avoir à la fois des fonctionnaires bien formés et indépendants. Mais la logique du classement de sortie a complètement dévoyé ce projet. Elle embarque les élèves dans une course à l’échalote au détriment des contenus intellectuels qui devraient être dispensés par l’école. La vraie question n’est pas celle de la suppression mais celle de la réforme. Elle exigerait une réflexion approfondie, au-delà d’un très bon coup de communication mais qui ne règle absolument pas le problème de la formation des hauts fonctionnaires ni celui des inégalités sociales d’accès à la haute fonction publique.

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