Violence sur les mères, les nouveau-nés, … : Le tableau hideux de nos hôpitaux

Directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’Unicef, Marie Pierre Poirier a révélé l’existence d’une enquête qui informe que les nouveau-nés sont les victimes silencieuses de différents types de violences dans les établissements de santé, certains identiques à ceux subis par leurs mères. Pis, des études scientifiques ont démontré que les femmes sont bien souvent trop blâmées par les professionnels de la santé. Elles sont stigmatisées, pointées du doigt, isolées, considérées comme les seules et uniques responsables de leurs propres malheurs. Une souffrance sourde, souvent silencieuse qu’elles vivent dans les hôpitaux. Une réalité, d’après la responsable de l’Unicef, à laquelle fait écho une récente étude démontrant que, du point de vue des femmes, l’expérience des soins en établissement de santé est souvent médiocre. «Une expérience des soins négative influe évidemment sur le recours aux soins. Il s’agit d’un obstacle majeur à l’utilisation des services de santé, entrainant une réticence des femmes à fréquenter les centres de santé, une fréquentation tardive de ces établissements, le choix d’accoucher à domicile et par là même, une augmentation des risques de complications», craint Marie Pierre Poirier. C’était, hier, en marge du forum africain sur l’expérience des soins qui se tient à Dakar.
Pour cette dernière, l’Afrique de l’Ouest et du Centre enregistre toujours les ratios et taux parmi les plus élevés au monde de mortalité maternelle, néonatale, des enfants et des adolescents. «Comment assurer à chaque enfant un épanouissement harmonieux et son droit à grandir dans un milieu attentionné, dans un climat de bonheur, d’amour et de compréhension lorsque 135 mille femmes meurent encore chaque année en donnant la vie ?», s’interroge-t-elle. «Quel droit à la vie garantit-on face à près de 580 mille nouveau-nés qui décèdent chaque année et autant de mort-nés ? Plus d’un million de grossesses se terminent donc par la perte du nouveau-né chaque année dans notre région», enchaîne-t-elle.
De son avis, ces vies perdues sont autant plus inacceptables que, dans leur grande majorité, elles pouvaient être évitées par des interventions efficaces à haut impact souvent peu coûteuses.
Dans notre région, le taux de la première Consultation prénatale (Cpn) est de 80 % en moyenne et le taux d’accouchement institutionnel est de 54 % avec de grandes variations d’un pays à l’autre mais aussi d’une région à l’autre. Dans certains pays de notre région, 90 % des femmes accouchent dans une maternité. Or l’analyse des données montre qu’il n’y a pas de corrélation entre le taux de Cpn, le taux d’accouchement en maternité et la mortalité maternelle ou néonatale dans les pays les moins avancés. Ce triste constat révèle la piètre qualité, dit-elle, des soins que reçoivent les mères, femmes, adolescents et enfants, tant du point de vue de l’offre des soins que de l’expérience des soins.
«La violence dont les femmes et les nouveau-nés sont victimes dans nos salles d’accouchement n’a que trop duré. Il faut que toutes les femmes qui accouchent dans nos structures sanitaires puissent bénéficier des soins maternels respectueux», martèle Blami Dao, gynécologue burkinabé.
Pour Abdoulaye Diouf Sarr, ministre de la Santé et de l’Action sociale en dépit de ces importants acquis, des causes fréquentes de morbidité et de mortalité maternelles néonatales et infantiles qui peuvent être prévenues et traitées persistent dans beaucoup de nos pays. Et les résultats de différentes recherches, selon Diouf Sarr, incriminent plusieurs facteurs à la base de ces phénomènes. WALF

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