Violences faites aux femmes et aux filles : la banlieue engage le combat de la sensibilisation

Les violences exercées sur les femmes et les filles indisposent les jeunes de la banlieue de Dakar qui se sont fait entendre, samedi dernier, en descendant dans la rue. Après avoir fait le tour de plusieurs quartiers, ces jeunes, accompagnés de leurs mamans et du collectif des daara, ont rallié leur point de chute, la préfecture de Guédiawaye, où ils ont remis un mémorandum au maître des lieux.

Les cas de violences exercées contre les femmes et les filles ont fait réagir, samedi dernier, les populations de la banlieue dakaroise qui ont dénoncé la recrudescence de ces actes prévus et punis par la loi. Pour se faire entendre, jeunes filles et garçons, accompagnés de leurs mamans et du collectif des daara, ont marché de la Cité Air Afrique à la préfecture de Guédiawaye, en passant par Hamo 6, Notaire. C’était pour sensibiliser les citoyens, autorités politiques et judiciaires, acteurs de la défense des droits humains, notamment de la femme, etc. sur le phénomène qui a défrayé les chroniques cette année. Arborant des t-shirts, casquettes, pancartes, ils ont déposé un mémorandum auprès de l’autorité préfectorale. «Nous les jeunes, nous ne passerons plus sous silence les cas de violences subies par les femmes. Nous refusons d’être complices. Nous ne voulons plus être victimes de violences. Que les autorités judiciaires engagent de fortes sanctions contre tout auteur de viol ou de violence sexuelle, physique, psychologique ou économique perpétuée sur une fille, une enfant, un garçon, une femme sans commune mesure», recommande Aïssata Ba, jeune fille qui a porté la parole de ses camarades lors de la remise de leur mémorandum au préfet de la ville de Guédiawaye.

Cette randonnée qui rentre dans le cadre des 16 jours d’activisme initiés par des organisations de la société civile pour lutter contre les violences dont sont victimes les femmes, a réuni des participants venant des communes de de Ndiarème, Limamoulaye, Médina Gounass et Diamaguene Sicap Mbao. L’objectif, selon les marcheurs, est de renforcer le lien social entre les familles, les éducateurs sociaux, la police, les religieux, les journalistes, la société civile, les décideurs politiques pour qu’un terme soit mis aux violences sexuelles, physiques et économiques subies par les filles et les femmes au Sénégal. «Nous appelons toutes les personnalités de l’Etat du Sénégal, les autorités déconcentrées, les gouverneurs, les préfets, les leaders religieux, les leaders communautaires, les parents, les associations sportives et culturelles (Asc), les organisations de la Société civile, les hommes, les femmes, les jeunes, les garçons et les filles à être les défenseurs des droits des filles et des femmes, les garants d’une vie de famille joyeuse et protectrice», invite Aïssata Ba.

Les chiffres de la honte

Selon le jeune porte-parole, le nombre de femmes victimes de violences ou de viols inquiète. A l’en croire, 4 320 femmes sont victimes de violences, 1 364 victimes violences sexuelles et 14 femmes sont décédées pour avoir subies des répressions physiques, des viols et autres actes de violences. Citant dans son discours les cas de Bintou Camara, jeune fille qui a été tuée à Tambacounda courant 2019, de Nogaye Fatou, Fatoumata Moctar Ndiaye, Coumba Yade, Aïssata Ba lance un appel à ceux qui ont une autorité dans le pays à être les protecteurs des filles et des femmes. «Nous appelons tous ceux qui ont une autorité dans ce pays à mieux prendre en charge avec des solutions communautaires concrètes les filles, les garçons, les femmes victimes de violences sexuelles, physiques, psychologiques et économiques», laisse-t-elle entendre.

Recevant le document, Chérif Blondin Ndiaye, préfet de Guédiawaye, déclare que cette manifestation pacifique permettra de sensibiliser davantage les populations sur ces cas de viol, de pédophilie, mais également de dénoncer les auteurs. «Le président de la République a porté, lui-même, ce combat en demandant la modification du Code pénal pour durcir les sanctions et la répression contre ces cas. Les violeurs et les pédophiles sont suffisamment informés. L’autorité judiciaire ne manquera pas, à chaque fois que ces cas se présenteront, de réprimer et sanctionner», rassure-t-il. Et de poursuivre : «Au-delà de la répression et de la sanction, il y a un point essentiel, c’est la sensibilisation et la dénonciation. Nous avons constaté qu’il y a beaucoup de cas de viol ou de pédophilie qui sont sous silence à cause des liens de parenté. Lesquels cas de viol et de pédophilie ont des conséquences dramatiques pour ces enfants.»

(Walf)

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