Boris le boxeur, Bachir le rabat-joie ; Allez Pape ! Birima en redemande

Je soussigné, prétentieux de son Etat, manifeste son dégrisement quant à l’interruption volontaire de gros débat. Il s’en est fallu de peu pour que les Sénégalais, notamment les internautes, assistent et assouvissent leur soif de style. Ce qui fait défaut dans le paysage académico-social, ce ne sont pas les sujets et objets d’échange. C’est, à l’image des politiciens, que des intellos en perpétuel retrait ou en retenue se livrent ouvertement au passe-temps national, lance et relance de piques.  Au commencement, était le verbe au conditionnel : aurait prêté. A la fin, a été le démenti enrobé d’accusations de faux et usage de faux. Pof puis pssshh. Comme d’habitude, nous nous contenterons des combats de gladiateurs que tout le monde méprise du premier coup, mais tout le monde épie jusqu’au bout.

En juge des grâces, Pape Alé Niang n’a pas manqué sa cible. Difficile de voir, de bien voir l’ami du Président sans, ne serait-ce que le temps de petits errements, faire un rapprochement entre lui et la créature désignée. Sermonneur comme tout, Birima ne peut trouver mieux, pour stimuler la fibre pudibonde de l’auditoire, que de porter l’estocade sur des écarts d’intempérance en eau de feu. C’est bon pour le moral, c’est l’Ostie de bonbon que les monarques et leurs frotte-manches préfèrent que nous placions sous nos palais afin qu’une multitude en ignore.

Avec ça, on nous fait croire que les Sénégalais sont démocratiquement matures. Un chroniqueur de renom qui ne sait pas que la chronique n’obéit pas au principe d’équidistance dans le traitement de l’information. A vrai dire, un journaliste attitré qui s’arrête maladroitement sur le physique d’un citoyen, fut-il flatteur en porcelaine, peut mieux faire. C’est une fuite en avant que de chercher planque et plénitude dans le legs d’illustres personnalités. Cheikh Anta Diop, Mamadou Dia et tant d’autres ont depuis longtemps atteint leurs limites. Il n’y a aucun mal à se renouveler, n’en déplaise aux figés et frigides, inconditionnels des grands penseurs.

Au nom des saintes envies de grand débat du bloc populiste, M. Bachir Diagne est sénégalaisement coupable de dislocation d’espoir. Quant au sieur Boris Diop, pour avoir raté une si belle occasion, il doit être poursuivi d’inattention dans le façonnage de bon palabre. Pourtant, ça avait bien commencé avant que ce cérébral ne vienne tout gâcher sur ce ton qu’on lui connait : policé et trop prévisible au goût des turfistes. Quoique cette fois-ci, les termes mauvaise foi et cynisme ont pris place dans ce caquetage d’intello. C’est à croire que l’intégration des deux compatriotes à la plèbe belliciste est imminente. On en est encore au stade du bizutage.

En attendant, allons savoir qui d’un taxé d’ivrogne ou d’un traité de cochon fait figure de proue. A la guerre comme à la guerre ! Il s’agit en vérité d’un lien de cause à effet entre la demande réelle de vilenies dans le débat public et d’une offre disponible. Les plaintes et complaintes élitistes n’y feront rien tant qu’elles ne traduiront pas, du bas, une forte aspiration commune ou, d’en haut, une exigence formelle des pouvoirs publics. Ouzin Barigo et Pawlish ne prennent que leur part du marché. Si la tendance se maintient, l’université de Thiadiaye portera le nom de Selbé Ndom.

Birame Waltako NDIAYE

 

 

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